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RDCongo : CODHO dénonce les vagues des détentions illégales à Kinshasa

samedi 23 février 2013
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- Bâtir une Justice pour Tous, Consolider la Démocratie, la Bonne Gouvernance et la Paix
- Travailler pour Promouvoir et Protéger les Droits de l’Homme pour Tous
- Building a Justice for All, Consolidate Democracy, Good Governance and Peace
- Working to promote and protect Human Rights for All


Communiqué de presse n°2013222/CODHO

RD Congo : CODHO confirme la détention au secret de Désiré Kobo Lisambo et consort, victimes de répression politique contre les membres de l’ethnie Ngbandi de la province de l’Equateur à Kinshasa. L’épouse de Désiré Kobo a porté plainte, le 15 février 2015, à l’Auditorat général militaire contre le commandant de la 11e région militaire de Kinshasa, notamment pour actes de torture et détention arbitraire contre son mari.

Kinshasa, le 22-2-2013 - Le Comité des Observateurs des Droits de l’Homme (CODHO) se préoccupe de la détention au secret de Désiré Kobo Lisambo (h) et Jean Kongbu (h) à Kinshasa (RD Congo) qui figurent parmi les membres de l’ethnie ngbandi de la province congolaise de l’Equateur actuellement persécutés à Kinshasa. Le motif, le lieu et les conditions de détention de ces victimes sont gardés secrets par la 11e région militaire des FARDC (Forces armées de la RD Congo) de Kinshasa depuis lundi 11 février, jour de l’enlèvement de Désiré Kobo Lisambo (h) et Jean Kongbu (h). Une information persistante parvenue à l’équipe de CODHO, le 18 février, à partir des couloirs de la 11e région militaires de Kinshasa faisant état du transfert de ces infortunés vers le cachot de Direction générale de l’Agence Nationale de Renseignements (ANR) à Kinshasa/ Gombe, mais ces autorités de l’ANR, contactées ce vendredi 22 février par CODHO n’ont pas confirmé cette information.

Rappel des faits

Pour rappel messieurs Désiré Kobo Lisambo, de 47 ans d’âge, capitaine des FARDC –Forces armées de la RD Congo, de l’unité BN QG EMG - Matricule 166. 866914870, et Jean Kongbu, cousin du premier est civil et est sans emploi à Kinshasa.

Ils ont été enlevés (sans leur présenter un mandat de justice) lundi 11 février, vers 14h, par des militaires (deux en tenues militaires – PM (Prévôté Militaire) et d’autres en tenue civile) à bord de deux jeeps civiles, et d’une voiture de marque Peugeot à vitres teintées de noire. C’était sur l’avenue Dembo où habite monsieur Désiré Kobo Lisambo, dans la commune de Kasa-Vubu à Kinshasa. Les deux victimes étaient assises dans un salon de coiffure où l’on sert aussi la boisson. Ils ont tous deux été arrêtés, brutalisés et menottés avant d’être amenés par leurs bourreaux jusqu’au cachot de l’Etat –major de la 11e région militaire de Kinshasa . Ils n’ont pas été informés lors de faits des motifs de leur arrestation.

Mardi 12 février, une équipe de CODHO a tenté d’entrer en contact dans ce lieu de détention avec Désiré Kobo Lisambo, sans succès. Ils n’avaient pas, à ce lieu de détention, le droit d’une visite extérieure, même pas celle des membres de leurs familles encore moins celle, de leur médecin, leur avocat ou des défenseurs des droits humains. Le même mardi 12 février, vers 13h, des militaires ont débarqué sur la même avenue Dembo, dont monsieur Désiré Kobo Lisambo, à bord de quatre véhicules : deux gros véhicules militaires, une jeep et une voiture de marque Mercedes Benz, les mains Désiré Kobo menottées. Ces militaires sont entrés dans l’habitation de Désiré Kobo avant de procéder à la perquisition sans présenter un mandat de justice. Toute l’habitation a été fouillée de font en comble, même les poubelles et les toilettes. Même les habitations, poubelles et toilettes des voisines n’ont pas été épargnées .Pendant cette prétendue perquisition ces militaires ont formellement interdit à Désiré Kobo Lisambo de communiquer avec son épouse et les autres membres de sa famille. Ces militaires demandaient à répétition à l’épouse de Désiré Kobo Lisambo, les armes braquées sur elle, de révéler « les lieux de cache d’armes de son mari » . La réponse était : « mon mari n’a pas d’armes ».Vers 16h, une fois que la perquisition était finie, ces militaires sont repartis avec Désiré Kobo Lisambo en emportant avec eux un ordinateur portable, deux téléphones portables appartenant l’épouse de la victime, des photos de la victime, et une valise des tenues militaires de cette dernière. Dans la fouille des documents, ces militaires ont amenés de vieux journaux qui traitent des sujets en faveur des l’opposition politique et laisser ceux qui traitent des sujets qui soutiennent le gouvernement de la République.

Par ailleurs, le même mardi 12 février, un garçon, non autrement identifié, était entrain de filmer l’événement au moyen de son téléphone, du haut de l’étage de l’immeuble d’habitation de sa famille située au croisement des avenues Assosa et Bangandanga a aussi été interpellé par ces militaires avant d’être relâché .

Jeudi 14 février, une délégation de CODHO est allée rencontrer les autorités de la 11e région militaire de Kinshasa pour s’enquérir des conditions et la légalité de la détention Désiré Kobo Lisambo et Jean Kongbu, et accompagnée de l’épouse de Désiré Kobo Lisambo. Il ressort de l’entretien qui a eu lieu que les droits des détenus qui ont été réclamés seront examinés sans délai, en à croire les propos du Chef T2 (des renseignements) de cette région militaire de Kinshasa, car jusqu’à présent messieurs Désiré Kobo Lisambo et Jean Kongbu ne bénéficient d’aucun droit, notamment les visites extérieurs et se faire assister d’un défenseur de son choix lors des auditions déjà à la phase préjuridictionnelle .

Le CODHO présente des inquiétudes quant à la santé physique et psychologique de ces détenus dans cette détention au secret.

Rien n’a encore transpiré au sujet du motif de cet enlèvement en violation de la Constitution , et le délai de garde à vue se prolonge illégalement . Le CODHO signale que Désiré Kobo Lisambo et Jean Kongbu sont des ressortissants de la province de l’Equateur, District du Nord - Ubangi et territoire de Yakoma. Le Capitaine Désiré Kobo Lisambo est parmi les anciens militaires qui n’ont pas quitté le pays après la chute du régime de Mobutu en 1997.

RECOMMANDATIONS : Le Comité des Observateurs des Droits de l’Homme (CODHO) recommande aux autorités compétentes de la République démocratique du Congo de/d’ : 1) observer scrupuleusement les engagements juridiques internationaux et régionaux pris dans le cadre des Nations Unies et de l’Union africaine en matière des droits humains, notamment en ce qui concerne les détenues ; 2) mettre un terme aux actes de répression à caractères politiques et ethniques, notamment contre les ressortissants, civils et militaires de la province de l’Equateur ; 3) veiller à l’intégrité physique et la santé physique et psychologique des Désiré Kobo Lisambo et Jean Kongbu dans leur lieu de détention ; 4) veiller à la sécurité physique des familles de deux détenus Désiré Kobo Lisambo et Jean Kongbu.

Fait à Kinshasa, le 22 février 2013

Pour tout contact : Maître N’Sii LUANDA S. Tél. : +243(0)815089970 Email : nsiiluanda_codho@yahoo.fr Bureau de Kinshasa : CODHO – Comité des Observateurs des Droits de l’Homme 2, rue Bongandanga, Quartier Anciens Combattants, Commune Kasa-Vubu, Ville Kinshasa, RD Congo

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