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Huée à l’encontre de Sade

samedi 23 février 2013
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HUÉE A L’ENCONTRE DE SADE : Le viol étant un acte quasi exclusivement viril, il doit bien venir d’une vision virile et aussi chercher à fabriquer de la virilité. Pour caricaturer une célèbre activiste, je crois également que la virilité est terroriste. Tout simplement car le terrorisme ce n’est pas d’empêcher de dire, c’est d’obliger à dire, agir et penser en accord avec les idées dominantes. Cette activiste évoquait ainsi l’une des sources principale du pouvoir, le langage.

Le viol pourrait être vu comme un langage ultime d’invective des hommes envers les femmes. Un message sans destinataire humain, mais visant à faire obéir, à interdire, à cantonner physiquement et moralement le groupe d’appartenance de sa victime. Ce langage du viol jouissant fréquemment d’impunité, il mime atrocement le meurtre de sa victime, sans faire perdre au violeur les avantages et le confort symétriques (liberté, autonomie et espace) que lui procurent les femmes.

Pour essayer de me faire comprendre, sur le langage du viol, parlons de Sade. Cet homme n’était pas qu’un écrivain renommé, un noble riche et un politicien influent. Son casier judiciaire montre que c’était un violeur, ce qui faillit lui faire couper la tête, faute de lui avoir fait perdre. Sade faisait acheter ou rafler dans la rue de pauvres jeunes filles, qu’il enfermait ensuite dans l’un de ses lupanars, pour les violer, torturer et parfois même les tuer. Ces derniers temps, je me suis étonné d’avoir eu à étudier à l’école un ouvrage de ce sale type. Mais surtout, suivez mon regard s’il vous plaît, je suis dubitatif sur la véritable vénération que portent à Sade de nombreux hommes soi-disant en lutte contre toute oppression, exploitation ou aliénation. Y aurait il une sorte de viol en basse-intensité sous cette ubiquité de parole ? En y réfléchissant, je me suis dit qu’au delà d’un goût étrange pour les descriptions masochistes dont les victimes sont toujours des femmes, il y avait chez les zélateurs de Sade, autre chose qui tient du viol. Cette autre chose me semble non seulement tenir d’une manière de d’exutoire à un manque de pouvoir. Exutoire qui pourrait rendre utile à la classe des hommes l’acte passif et fantasmé qu’est la lecture vorace de ces Lautréamont, Mazoch et autres Buckowski. Ceci d’autant que n’ont pas le même succès, les écrits d’autres hommes bien plus respectueux d’autrui comme Zinn, Laclos, Mill ou Labarre par exemple. Les montagnes de pages écrites par des hommes pour dénigrer les femmes, parfois sous couvert de fausse solidarité voire d’amour, peuvent être vues par les yeux d’une armée de fourmis féministes, comme construisant et renforçant le pouvoir viril. Ce même pouvoir se signant au final à travers le viol.

Sans parler de la musique, de la presse, de la photographie et des films misogynes qui nous inondent, à côté des romans, bien d’autres productions masculines écrites étayent au quotidien le pouvoir des hommes. Je voudrais ici regarder de plus près un autre volume d’écrits, aussi imposant qu’influent. Il s’agit de la prose politique.

De l’extrême droite aux confins des gauches ont retrouve le même matraquage scriptural, visant à utiliser le sujet des femmes pour mieux asseoir la position de la classe des hommes. Durant l’après guerre de 1939-1945 déjà, les nombreux mouvements sociaux d’émancipation ont vus éclore à leurs cotés de faux amiEs qui ont employé à leurEs seules fins, une prétendue défense de la cause des oppriméEs. Madame Salan, dont le général d’époux a commis les pires méfaits pour défendre l’Algérie Française (pourquoi pas le Zimbabwe Suisse ?), loin d’être féministe, a détourné les luttes d’émancipation des femmes, pour infiltrer de ses idées racistes, les foyers d’Algérie. Avant encore, les mouvements d’émancipation par exemple des personnes raciséEs comme aux USA, ont été en quelque sorte récupérés par des hommes avides d’argent mais surtout de pouvoir. Sur le sujet du détournement des luttes anti-esclavagistes, comme d’ailleurs sur celui de l’oppression des femmes, je pense que l’histoire du peuple des USA par Zinn est exemplaire et exceptionnelle. Ceci doit expliquer en partie son large succès.

Aux antipodes, des échanges de lettres entre Marx et Engels qui montent à quel point ces hommes ont trouvé que la fabrication et l’utilisation du racisme par les esclavagistes était une excellente méthode de promotion de leur projet de parti politique. L’insuccès des idées marxistes, au-delà de l’échec systématique des leurs tentatives d’accession au pouvoir, pourraient être vues comme le juste retour du double discours inhérent à ces idées, qui semble avoir été parfaitement perçu par la plupart des humainEs sur terre.

Aujourd’hui, sans doute face à la stagnation généralisée de l’adhésion des genTEs aux idées marxistes ou anarchistes stéréotypées, ainsi qu’à un cruel manque d’effectifs, des révolutionnaires autoproclaméEs ont cherché à détourner les discours féministes au profit de leurs chapelles. Ce qui est fort dommage à mon avis pour la révolution. Il faudrait toutefois accepter celle-ci comme un but valable : si le mot n’était pas si snob et laid, je préfèrerais disruption. Car dans certaines bouches, la révolution est un terme éculé et flou (voir les publicités pour des produits dits révolutionnaires)…qu’il me donne le tournis. Depuis les détracteurs libertaires des prostitueurs aux remises à la mode du jour des rengaines collectivistes et travaillistes des trente glorieuses, on ne voit ces temps-ci que des numéros spécial genres ou des révisions pseudo-féministes du primitivisme, avec leur cohorte de slogans fanés.

Mais par quelle magie les porteurEs de ce discours à la fois excluant et communisant tentent-ilLEs de faire passer leurs vessies pour des lanternes ? Ce tour de passe-passe nécessite, outre de compter sur le dénigrement ou la méconnaissance (feinte ?) des écrits féministes, une technique assez Orwellienne. Du style « la guerre, c’est la paix. Il est aisé de penser à la ressemblance familière entre cet oxymore et le fait que la victime d’un viol est souvent acculée à démontrer qu’elle ne l’avait pas cherché. Cette technique déforme le sens des mots, leur donnant une valeur symbolique, parfois invertie, à laquelle il est dès lors facile d’adhérer, comme par hypnose.

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  • Huée à l’encontre de Sade 23 février 2013 11:37, par gugus

    "des échanges de lettres entre Marx et Engels qui montent à quel point ces hommes ont trouvé que la fabrication et l’utilisation du racisme par les esclavagistes était une excellente méthode de promotion de leur projet de parti politique" Une telle contre-vérité dessert ce texte.

    Lettre de l’AIT à Abraham Lincoln : " Nous complimentons le peuple américain à l’occasion de votre réélection, à une forte majorité. Si la résistance au pouvoir des esclavagistes a été le mot d’ordre modéré de votre première élection, le cri de guerre triomphal de votre réélection est : mort à l’esclavage !" http://www.marxists.org/francais/ai...

  • Huée à l’encontre de Sade 23 février 2013 11:43, par gugus

    Marx et Engels étaient de fervents partisans de la cause abolitionniste. http://www.marxists.org/francais/ma...

    Laissez la méthode des ragots allusif à la presse de caniveau. On ne sert pas une cause aussi juste (féministe, anti-racisme) avec des procédés aussi nuls.

    C’est précisément parce que ces oppression véhiculent de graves violences sociales qu’accuser tel ou tel individu ne se fait pas à la légère.

    Le sectarisme borné et superficiel n’a que l’apparence spectaculaire du radicalisme.

  • Marx à Engels, sur Lassale "il est clair qu’il descend des nègres d’Égypte, comme le prouve la forme de son crâne et ses cheveux, sa mère ayant dû se mélanger à un nègre....Son côté obtus est aussi de type nègre". Sur Lafargue candidat dans un Arrondissement ayant un Zoo, Engels s’exclame qu’il “1/8e ou 1/12e de sang nègre". Dans une lettre à sa femme "En tant que nègre, à un degré plus près du règne animal que de celui de nous autres, Lafargue est le représentant idéal pour cet Arrondissement". Sur leur misogynie, voir le "Manifeste" : "Nos bourgeois, non contents d’avoir à leur disposition les femmes et les filles des prolétaires, trouvent un plaisir singulier à se cocufier mutuellement." Pas question en effet de "accuser tel individu à la légère" : Il s’agit de voir ce qu’ils ont socialement produit. C’est ce qu’on appelle le "Matérialisme Historique", non ?

  • Huée à l’encontre de Sade 2 mars 2013 08:24

    @28 février 18:08 : on ne peut pas juger le passé depuis sa fenêtre. A l’époque ce genre d’idées étaient partagées par toute la société et le mot "nègre" n’avait rien d’une insulte. Il a fallu attendre la fin de la seconde guerre mondiale et la découverte des camps pour que la société occidentale rejette en bloc des théories racialisantes qui jusque là étaient considérées comme tout à fait naturelles et acceptables. C’est un peu facile de faire des anachronismes depuis le haut de sa 2013 d’ivoire.

  • Une imposture… 3 mars 2013 08:23, par Vieux Sympathisant de la Gauche communiste internationaliste

    De toutes les façons, poser la question du racisme comme une question individuelle pour dénoncer un ensemble - le matérialisme historique - est une imposture. Que Marx, Engels et d’autres - Proudhon… - aient été eux aussi les victimes de préjugés sociaux ne justifie en rien qu’on nous dise que tout le matérialisme historique est à mettre à la poubelle. Au contraire ! Ça prouve que nous aussi avons des progrès à faire, des préjugés à remettre en cause. Et que les lieux communs de l’idéologie touchent tout le monde.

    La « position de classe des hommes » par exemple me laisse beaucoup à penser...

  • Huée à l’encontre de Sade 4 mars 2013 09:11

    A 28 février 18:08 : pourriez-vous nous donner les références exactes et précises des textes que citez ? Merci.

  • Huée à l’encontre de Sade 4 mars 2013 09:13

    Debord aussi parle de "travail d’arabe", de "nègres" et de "connes" dans ses lettres (voir sa correspondance chez Arthème Fayard). Faut-il faire de Debord un penseur de droite ?

  • Du 1er mot au dernier ressort la nécessité du matérialisme historique. Mais dès 1870-80, en AUCUN CAS le racisme était "partagé par TOUTE la société". "Le mot nègre" était DÉJÀ une insulte, selon marxistes comme Zinn. Clairement Debord, Marx ou Engels furent des être racistes, misogynes et manipulateurs. D’où l’ethnocentrisme, sexisme et volonté de manipulation concrets des « communismes » centrés sur la lutte contre le capital exclusivement. Idem chez la plupart des groupes « marxistes » bornés, notamment francophones. Il ne s’agit en effet pas de poser la « question du racisme comme une question individuelle », au contraire. La question est bel et bien politique, sociale. Ne pas dénier cette part de racisme, de misogynie et de manipulation permet s’en prévenir en 2013. Si le but est de changer de fond en comble ce monde, comment y parvenir contre la plupart des pauvres, exploités et opprimés : les femmes / racisées / enfants / « non-érudits » ?

  • Huée à l’encontre de Sade 6 mars 2013 21:44

    Il y avait dès 1870-80 des racistes et des antiracistes ? Hum ! Cette division de la société est moderne et fait suite à l’horreur nazie. Faut-il même rappeler que les textes anarchistes de cette période contiennent un ramassis d’horreurs antisémites qui à l’époque ne faisaient pas peur à beaucoup de monde, que la construction de l’antiracisme a pris du temps et n’a été définitive qu’à la fin de la seconde guerre mondiale. Les chansons classiques anarchistes chantées par les quatre barbus parlent de races plutôt que de peuples. Et je n’ai jamais voulu dénier cette réalité mais dire que nous ne pouvons pas juger des acteurs des siècles précédents avec notre vision qui s’est construite dans le monde moderne.

  • Domination et manipulation 15 mars 2013 05:08, par VSGCI

    « Clairement Debord, Marx ou Engels furent des être racistes, misogynes et manipulateurs. D’où l’ethnocentrisme, sexisme et volonté de manipulation concrets des « communismes » centrés sur la lutte contre le capital exclusivement. »

    Ceci est absolument faux ; le marxisme a commencé par dénoncer la pseudo-« égalité » juridique formelle du capitalisme, et a soutenu la libération des esclaves. Il faut ajouter que le marxisme sans l’Internationale, ça n’existe pas.

    De toutes les façons, ce sont les rapports de production capitalistes qui génèrent le racisme et le sexisme, alors le poser à propos de personnalités sur la base de citations partielles est encore une fois une escroquerie.

    Quant à la « volonté de manipulation concrète des « communismes » », j’aimerais savoir de quoi il retourne…

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