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Integra Revolucio. Appel à construire un espace politique et idéologique international

jeudi 21 février 2013
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Integra Revolucio : Appel à construire un espace politique et idéoloogique internationale http://integrarevolucio.net/fr

QU’ENTENDONS-NOUS PAR RÉVOLUTION INTÉGRALE ?

Révolution : transformation radicale des structures et valeurs fondamentales de la société.

Intégrale : qui comprend tous les éléments nécessaire pour être complet.

Révolution Intégrale : processus de signification historique pour la construction d’une nouvelle société autogérée, basée sur l’autonomie et l’abolition des formes de domination en vigueur : l’État, le capitalisme et toutes celles qui affectent les relations humaines et la relation avec la nature. Cela implique une action consciente, personnelle et collective, pour l’amélioration et la récupération des qualités et des valeurs qui nous habilite à la vie en commun. En même temps, cela implique la construction de nouvelles formes et structures d’organisation dans tous les domaines de la vie qui garantissent l’égalité décisionnelle et l’équité de la couverture des nécessités vitales.

CONTEXTUALISATION

Nous sommes beaucoup aujourd’hui à penser que la forme d’organisation sociale établie sur la plupart des territoires de la planète nous amène à des crises dans tous les domaines de notre vie : elle nous sépare des prises de décisions sociales et vitales, nous réduit à une monnaie d’échange comme force de travail, nous individualise, nous sépare et anéantie les formes de vie et les ressources de la Terre.

Nous pensons que cette destruction, ce vide intérieur et la séparation de ce à quoi nous pourrions arriver, n’est pas seulement le fruit de mauvais gouvernants ou de capitalistes sans scrupules mais qu’il s’agit de quelque chose d’inhérent à la dynamique de ce système ; à travers des institutions et des valeurs de domination qui le configure.

La domination est la soumission exercée à travers le pouvoir, et se manifeste de manière catégorique et visible à travers le monopole de la violence physique (génocides, assassinats, tortures, répression…, exercés par des forces répressives), et d’autres formes plus acceptées de violence structurelles et de contrôle social : travail salarié, propriété privée, moyens de communications massifs, publicité, assistanat… Nous pouvons constater que la domination et la concentration du pouvoir augmentent sans cesse sur la majorité des territoires.

Foyers de résistance

La domination tente de miner la dignité humaine, qui est elle-même la graine de la résistance et de la construction d’autres mondes. Communautés d’origines, peuples indigènes, mouvements sociaux et politiques autonomes et collectifs résistants à chaque coin de la planète continuent leur grande bataille pour défendre la terre contre l’exploitation, la désarticulation de leur culture et l’humiliation des leurs. A la campagne comme en ville, la dignité nous octroie des formes légitimes d’autodéfense des peuples, des valeurs humaines et de l’humanité même.

Les mobilisations se multiplient là où résiste la dignité : l’insoumission et la désobéissance renforcent la non-collaboration avec les structures dominantes (états, institutions et entreprises).

Ce sont des foyers de résistance à l’assimilation et ils s’opposent au pouvoir. C’est l’intelligence collective en émulsion, la création et la garantie que d’autres mondes sont nécessaires et commencent à devenir réalité.

Vers une Révolution Intégrale

Ces foyers de résistance sont aussi l’espoir, car ils démontrent la volonté de ne pas accepter la barbarie actuelle. Malgré tout, nous regrettons que beaucoup d’efforts transformateurs se concentrent encore uniquement sur la résistance et sont basés sur une demande de réformes. Nous pensons que pour résister et, surtout, dépasser le système actuel, nous devons nous auto-construire comme personnes et communautés afin que nous puissions construire une nouvelle société.

Depuis quelques décennies, et avec l’accélération de ces dernières années, alimentée par la crise systémique qui domine le panorama actuel, divers processus de construction sociale autogérée sont nés et se sont renforcés comme phares de réalités qui illuminent les espérances de transformation intégrale de la société.

Quelques initiatives sont coordonnées entre elles, mais en général nous trouvons qu’il y a une grande déconnexion et un manque de travail commun entre les divers mouvements affinitaires. En même temps nous pensons que dans beaucoup de cas nous laissons de coté l’importance des travaux d’amélioration personnelle et collective nécessaires pour atteindre les changements que nous désirons. Nous pensons qu’il faut travailler pour nous doter d’une marque commune qui nous permette d’aller ensemble dans une direction commune, de manière autonome et décentralisée, ce qui nous permettra de construire, nous construire et en même temps de résister.

Un pas indispensable pour avancer vers la confluence, jusqu’à cette marque commune, est la création d’espaces de rencontres où délibérer, réfléchir et travailler sur les formes concrètes de développer cette révolution.

Comme l’on dit récemment les zapatistes, c’est le moment du « oui », le moment de nous rencontrer, nous qui :

… avons répondu “oui” à la question “ça pourrait être différent ?” il faut répondre aux questions qui se bousculent après ce “oui” : “ Quelle est cette autre manière, cet autre monde, cette autre société que nous imaginons, que nous voulons, dont nous avons besoin ? Qu’est ce qu’il y a à faire ? Avec qui ?”

Ils disent également que si nous avons les réponses à ces questions c’est le moment de les partager et comme si nous avions attendu ce moment, c’est maintenant que les promoteurs de cet appel sont prêts à faciliter le partage de ces réponses.

Ainsi donc, pour toutes ces raisons, nous vous faisons parvenir cet appel et vous invitons à en parler, à nous rencontrer et à construire un espace international de confluence que nous avons appelé Bloc pour la Révolution Intégrale.

BASES IDÉOLOGIQUES DE L’APPEL

Le principe de base est la lutte contre toute forme de domination et la construction d’autres sociétés par une Révolution Intégrale. Cela nous le concrétisons par les points suivants, une sorte de base idéologique que nous exposons schématiquement et qu’il faudra travailler et élaborer pour la rédaction du manifeste de base du Bloc :

1) Des relations humaines équitables basées sur la liberté

Nous rejetons toute forme de domination ou de discrimination entre les personnes, que ce soit pour des raisons de sexes, de genre, d’orientation sexuelle, d’ethnie ou de culture, de classe etc. Nous misons sur l’appui mutuel et la solidarité, la confiance, le respect, la fraternité et, de manière générale, sur l’amour entre les êtres humains. Nous voulons enrayer la dégradation actuelle de l’être humain, qui se produit dans la majeur partie du monde et qui est conduite consciencieusement par les élites dominantes. Car plus les personnes prennent le pouvoir, plus fragile se fait le système. Nous avons besoin d’une volonté d’amélioration, basée sur l’écoute active et la réflexion constante, ainsi que l’aptitude répétée à la critique et l’auto-critique pour cette amélioration. Nous voulons étendre les bonnes pratiques dans les relations interpersonnelles à toute l’humanité.

2) Auto-organisation et assemblées populaires souveraines

L’assemblée, en tant que manière de prendre des décisions à voix et votes égaux, est la forme d’organisation légitime de n’importe quelle communauté, peuple ou collectif, puisque c’est une condition nécessaire pour la liberté. Assemblées populaires souveraines : auto-organisation des peuples grâce à cette forme d’organisation horizontale et à la libre adhésion des personnes et des peuples aux communautés et aux confédérations. Relations entre les peuples et les communautés basées sur la solidarité, la liberté et la décentralisation : interdépendance horizontale et équitable, disposition à se mettre en contact et à se coordonner, depuis des milieux locaux et régionaux jusqu’aux milieux géographiquement plus grands, en décidant à petite échelle quand c’est possible et à grande échelle quand c’est nécessaire (principe de subsidiarité, de confédération, de fractalité…). Construction de la diversité, respectant les différences humaines et personnelles, incluant les minorités dans toutes les décisions en assemblée. Désormais, contestation de l’État dans toutes ses formes.

3) Ce qui est commun, ce qui est public

a/ Récupérer la propriété en tant que bien commun, avec la possession et le contrôle du peuple

Nous devons récupérer le contrôle de la terre et des moyens de productions en tant que bien commun, garantissant son usage à travers la propriété communale (de la communauté) et, finalement, comme bien public. Nous rejetons la propriété privée en tant qu’outil des classes dominantes en faveur de l’accumulation du capital et pour établir le contrôle sur l’usage et la propriété de la terre et des moyens de production, qui perpétue le régime de domination à travers le travail salarié, l’accumulation, l’exploitation et la spéculation. L’intérêt particulier nous éloigne, nous individualise et détruit la propriété commune et les biens communs.

b/ Construire un système public coopératif et auto-gestionné depuis l’entraide mutuelle

Nous travaillons pour le bien commun, pour la garantie de tous nos besoins vitaux (l’alimentation, la santé, le logement, l’éducation, l’énergie, le transport…), pour qu’ils soient couverts par un système réellement public, construit par nous-mêmes, basé sur l’autogestion, en coopérant les uns avec les autres, en promouvant les valeurs et les aptitudes essentiellement humaines. Nous rejetons l’État comme système de contrôle basé sur l’exploitation de l’être humain par l’être humain et les prestations sociales comme forme d’assistance individualisante. Nous rejetons le contrôle des services publics par une partie de la minorité, c’est à dire par l’État et le marché ; nous rejetons enfin, tout encadrement privé corporatiste-élitiste contrôlé par des minorités.

c/ Rendre libre l’accès à l’information et à la connaissance

Rendons libre l’accès à l’information et à la création libre. Développons notre besoin d’expérimentation et de recherche expérimentale comme des sources de connaissances. Partageons la connaissance entre tous pour construire un bien commun plus grand.

4) Une nouvelle économie basée sur la coopération et les relations de proximité

Nous refusons le capitalisme en tant que mécanisme de production et du marché basé sur la loi du plus fort et sur la croissance perpétuelle. Nous contestons le système financier actuel, dominé par les banques centrales et les banques privées, et nous rejetons la spéculation monétaire. Nous suivons la maxime : « A chacun ses capacités, à chacun ses besoins. » Nous misons sur la coopération en tant que base des relations économiques entre personnes égales et différentes. Nous promouvons intensément le coopératisme dans le travail et la consommation. Nous sommes pour l’éradication du travail salarié et, de manière générale, de l’exploitation du travail. Les monnaies sociales, le troc direct, l’économie du don et l’économie communautaire, en tant qu’outils d’action pratique pour un nouveau système économique. L’économie locale autant que possible et sans intermédiaire. Des relations équitables entre les producteurs et les consommateurs. Aussi longtemps que possible, un système financier public-communautaire et sans intérêt.

5) Coopérer avec la vie et la nature

Nous appliquons les principes de coopération, de conservation et de respect dans notre rapport à la nature, à laquelle nous appartenons, et nous garantissons la bonne cohabitation avec le reste des êtres vivants. De plus, la souveraineté populaire locale permet et favorise ces principes. Il faut prendre en compte les cycles de la nature, pour garantir la soutenabilité de l’activité humaine, c’est à dire, qui soit durable dans le temps, de génération en génération. Nous contestons les valeurs et les dynamiques du système actuel qui anéantissent et mettent en danger les nombreuses formes de vie, tout comme la nôtre, et qui, à la fois, épuisent les ressources non renouvelables. Nous devons tirer profit des ressources renouvelables, en favorisant l’auto-suffisance des communautés humaines et en réduisant l’envergure des grandes villes prédatrices de ressources.

6) Comment pouvons-nous le faire ?

Cohérence entre moyens et fins : le processus de Révolution Intégrale est une transition entre le système en vigueur et une nouvelle société et humanité. Le chemin pour aller d’un point à un autre est l’apprentissage et l’idéal vers lequel nous allons. Il est nécessaire, enfin, que les moyens pour réaliser cette transformation soient en concordance avec les fins que nous voulons mettre en place. Construction dialectique et simultanée entre les structures et les valeurs : le changement de valeurs est nécessaire pour changer les structures, mais pour réaliser un changement de valeurs ample et en profondeur, il nous faut de nouvelles structures qui les promeuvent et permettent de les pratiquer. En cohérence avec notre finalité, nous devons réaliser la Révolution Intégrale basée sur des groupes locaux, misant sur la décentralisation et l’action locale, mais avec le regard et une pensée globale. En avançant parallèlement dans divers territoires et régions, cela sera beaucoup plus fort et imparable. Les peuples et les communautés qui les intègrent détiennent le droit légitime et inaliénable de s’organiser et de réaliser l’auto-défense de leur vie, de leur sécurité, de leur culture et de leurs territoires, selon le mode qu’ils considèrent comme convenable : nous accomplissons la maxime « Minimiser la violence sur les êtres humains et maximiser le respect pour la liberté et la vie des personnes ». Pour pouvoir réaliser cette révolution, en extrayant le maximum de ressources, de travail et la légitimité du système en vigueur afin de les dédier à la nouvelle société en construction, nous considérons la désobéissance intégrale totalement légitime et nécessaire . Nous pensons qu’il faut l’utiliser dans chaque contexte de sorte qu’elle maximise notre action transformatrice.

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