Recherche

Indymedia

Publiez

Infos locales

Lire plus...

Infos globales

Lire plus...

En attente

Lire plus...

Mercredi : Vassilli Golovanov à Michèle Firk / Makhno & Russie post-soviétique

lundi 18 février 2013
impression 1 réaction

Vassili Golovanov est né le 23 décembre 1960 à Moscou. Son père Laroslav Golovanov, journaliste connu et reconnu, l’emmènera aux îles Solovki, lui ouvrant en quelque sorte le portail vers le Grand Nord qui deviendra son écritoire. Il termine la faculté de journalisme de l’Université de Moscou, publie régulièrement des récits, des essais, des contes dans des revues. En 1990, la Russie soviétique s’effondre. Golovanov a 30 ans. Dès que les déplacements intérieurs deviennent plus simples, il part, non vers l’Occident ou les capitales, mais en Ukraine sur les traces de ce qui fut le premier mouvement révolutionnaire paysan de la guerre civile, la makhnovtchina. Il en ramènera les éléments de son premier livre : Les tatchanki du Sud (1) (édité en mars 1997) – un récit littéraire, reconnu comme étant l’un des meilleurs livres écrits par un écrivain contemporain sur la guerre civile –, sur la paysannerie et sur les sens du mot « anarchie ». Plus tard, il écrira une biographie de Nestor Makhno. Son deuxième livre : Éloge des voyages insensés (2002) est un voyage où se répondent deux espaces : celui qu’il va arpenter physiquement, les steppes du Grand Nord et celui de l’écriture : une « géopoétique » (2).

La nécessité de ce livre s’est imposée au moment où la Russie s’est ouverte à l’occident, à la commercialisation des mots. Comment y résister ? Golovanov décide alors de partir en expédition dans un lieu particulièrement rude et lointain. Il jette son dévolu sur une île en forme de crabe – Kplgouev – dans le Grand Nord. Partir seul est une fuite. Une expédition se monte au minimum à deux. Les remous du putsch en Russie occupent tous ses proches. En définitive, c’est avec un compagnon de 15 ans qu’il part. Ce voyage « insensé » sera pour lui un manifeste de résistance intérieure.

Suivront deux volumes de récits plus courts. Le premier – traduit en français – rassemble des essais sur Platonov (la recherche de Tchevengour, la ville utopique d’un communisme primitif), sur le poète Khlebnikov, sur Bakounine ou plus justement autour de lui, sur la source de la Volga et sur la tragédie silencieuse de la disparition progressive de la paysannerie russe... Ces recueils balisent en quelque sorte le chemin vers ce qui sera vraisemblablement son deuxième texte majeur : la rencontre avec la Caspienne, cette « mer des fous », écrit Gogol.

L’aventure littéraire de Vassili Golovanov se révèle une des plus exigeante sans doute de la littérature russe actuelle.

Notes :

1. Tartchanki : carriole paysanne, légère et extrêmement mobile sur laquelle il est possible de fixer une mitrailleuse. Cette mobilité et la connaissance du terrain face à l’armée traditionnelle russe (blanche) et communiste qui traqueront les makhnovistes se révèlera d’une efficacité rare.

2. « Géopoétique » : le terme est emprunté à Kenneth White installé en France depuis 1967, se dit Écossais d’origine, et Français d’adoption, Européen d’esprit, mondial d’inspiration, son œuvre est caractérisée par un va-et-vient entre l’espace fermé des villes et l’espace ouvert non codé, des errances et des voyages qui a donné lieu au thème général de cette œuvre : la géopoétique.


Mercredi 20 février à 19h ÉLOGE DES VOYAGES INSENSÉS

Café librairie Michèle Firk 9, rue François Debergue Montreuil / M° Croix De Chavaux


«  Ce livre n’aurait probablement eu aucune valeur s’il avait compté moins de pas que de mots.  »

Discussion avec Vassili Golovanov, auteur d’Éloge des voyages insensés et Espaces et labyrinthes, en compagnie d’Hélène Châtelain, traductrice des écrits de Golovanov en français.

« Nous fuyons, nous fuyons, mais c’est toujours notre propre nullité que nous fuyons. Notre maladie spirituelle, cette maladie du siècle dont tant de gens témoignent qui, le plus souvent, finissent tous de la même façon, mal… Et si on décide de tout larguer, est-il possible de dépasser la fuite et de trouver, au-delà, autre chose qui ne soit pas un moins, mais un plus  ?  »

Vassili Golovanov passe à Paris à l’occasion des Journées européennes du Livre russe et des Littératures russophones (les 15 et 16 février à la Mairie du 5e arrondissement de Paris) et fait escale à Michèle Firk. Occasion de discuter de ses textes, moins récits de voyage que traversées des langages, d’une île qui n’est pas seulement territoire géographique mais territoire mental, utopique. «  Il suffit de se retrouver là où éléments et temps se croisent pour comprendre que le temps n’est pas linéaire  ; que l’Autre Monde nous guette à l’intérieur ou autour de notre chambre.  »

Hélène Châtelain sera cartographe amicale des textes et des discussions, de l’exploration des espaces par la littérature écrite par Golovanov.

«  Quoi qu’il en soit, c’est l’idée de l’île que j’ai aimée, bien avant d’y avoir mis le pied.  »

L'ajout d'informations complémentaires est fermé car l'article à plus de 365 jours

voir les infos complémentaires ?

CopypLeft CopyLeft Indymedia (Independent Media Center). Sauf au cas où un auteur ait formulé un avis contraire, les documents du site sont libres de droits pour la copie, l'impression, l'édition, etc, pour toute publication sur le net ou sur tout autre support, à condition que cette utilisation soit NON COMMERCIALE.

Ceci est une plateforme de publication libre. Le collectif qui gère le classement des contributions n'endosse aucunement les propos et ne juge pas de la véracité des informations. Ce sont les compléments et réactions des Internautes, comme vous, qui servent à évaluer la qualité de l'information.