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Le sport, le nationalisme et l’impérialisme (Histoire du sport 3)

mardi 12 février 2013
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Le sport, le nationalisme et l’impérialisme (Histoire du sport dans le capitalisme III)

Dans le dernier article de cette série, nous verrons que le sport concentre l’idéologie nationaliste et qu’il est un instrument au service de l’impérialisme. Il exprime toute la monstruosité du capitalisme décadent.

La « neutralité politique » du sport est un mythe ! Avec les médias, il ne cesse de cultiver l’identification chauvine, le nationalisme. Le sport est même un véhicule privilégié pour distiller ce poison nocif. Après le traumatisme de la Première Guerre mondiale, « le fossé entre le monde privé et public fut (…) comblé par le sport. Entre les deux guerres, le sport en tant que spectacle de masse fut transformé en une interminable succession de combats de gladiateurs entre des personnes et des équipes symbolisant des États-nations ».1

Le sport : un concentré du nationalisme

Le nationalisme a donc été entretenu en permanence contre les exploités par le rituel et les symboles qui encadraient ces rencontres. La mise en scène sportive à des fins de propagande, contrairement à ce que laisse entendre l’histoire officielle, n’est pas une particularité du nazisme ou du stalinisme, mais une pratique généralisée à tous les pays. Il suffit de se rappeler les protocoles et les fastes d’ouverture des jeux olympiques de Pékin en 2008 ou de Londres en 2012, ou encore de l’entrée des équipes nationales de football au moment des grandes rencontres, pour s’en convaincre. Les grands shows sportifs permettent de provoquer de fortes émotions collectives guidant facilement les esprits vers un univers de codes et de symboles nationaux : « Ce qui donna au sport une efficacité aussi unique comme moyen d’inculquer un sentiment national (…) c’est la facilité avec laquelle les individus (…) peuvent s’identifier avec la nation symbolisée. »2Souvent accompagnées de musiques militaires, les compétitions internationales sont systématiquement précédées ou clôturées par les hymnes : « Ces rapports sont ceux de confrontations de toutes sortes où le prestige national est en jeu ; le rituel sportif est donc à ce niveau un rituel de la confrontation entre nations. »3 Dans ces brefs moments d’unions sacrées, les classes sociales sont « fondues », niées, les spectateurs ouvertement appelés à se lever et à chanter les yeux fixés sur le drapeau national ou sur l’équipe qui l’incarne par ses couleurs.

En Afrique du Sud, par exemple, au nom du combat contre l’apartheid, les couleurs de l’équipe de rugby ont ainsi été utilisées par l’ANC de Mandela afin de canaliser la lutte de classe vers la mystification nationale.4 Les grandes victoires sportives peuvent aussi prolonger ce principe de soumission aveugle dans une sorte d’hystérie collective (comme on a pu l’observer lors de la victoire de la sélection espagnole au moment de la coupe du monde 2010 de football, celle d’Italie, quelques années plus tôt, ou celle de l’équipe de France en 1998...), avec des manifestations de liesse infestées pour l’occasion de drapeaux et de mythes nationaux préfabriqués.5 Finalement, la guerre des titres, des médailles, nation contre nation, essaie d’entretenir, comme au front durant les conflits militaires, cette dépendance des esprits en préparant toujours le terreau de la xénophobie et des violences nationalistes. Le sport incarne bien les intérêts des Etats, selon le même rituel que l’armée : décorations, citations, défilés. Comme le disait Rosa Luxembourg au moment de la Première Guerre mondiale : « Les intérêts nationaux ne sont qu’une mystification qui a pour but de mettre les masses populaires laborieuses au service de leur ennemi mortel : l’impérialisme. »6

Un instrument au service de l’impérialisme

Le sport a toujours été instrumentalisé dans les confrontations impérialistes. Les Jeux olympiques de Berlin, en 1936, ont été, par exemple, le fer de lance de la militarisation préfigurant les démonstrations de force des puissances de « l’Axe », bloc militaire qui allait lutter pour son « espace vital ». Pour les Nazis, les champions devaient être « des guerriers pour l’Allemagne, des ambassadeurs du III° Reich ». Selon Hitler, le jeune sportif allemand devait être « résistant comme le cuir, dur comme l’acier de Krupp ».7 Le sport devait préparer la guerre impérialiste et justifier ainsi la « supériorité de la race aryenne », en dépit des victoires du sprinteur noir américain Jesse Owens, qui firent exploser de colère le Führer.8 Toutes les rencontres sportives étaient un moyen pour le régime nazi de faire symboliquement flotter son drapeau sur des territoires convoités.

Pour ce qui devint le camp militaire adverse, les rencontres sportives allaient aussi préparer physiquement et mentalement à la guerre les « Résistants ». Les organisations staliniennes et social-patriotes avaient d’ailleurs cherché à organiser une « contre-olympiade » à Barcelone en juillet 1936, destinée à embrigader les prolétaires derrière le drapeau de l’antifascisme. Si ce projet sportif n’a pu se concrétiser, du fait du coup d’État franquiste, il n’a pas pour autant freiné l’adhésion idéologique au bloc impérialiste des futurs « alliés ». Le sport a donc apporté sa petite contribution, de part et d’autre, à ce qui allait devenir une nouvelle boucherie mondiale faisant plus de 50 millions de morts !

Sur les ruines encore fumantes de ce terrible conflit, l’arène sportive mondiale sera ensuite dominée par la Guerre Froide, jusqu’à l’aube des années 1990. Les compétitions internationales seront marquées par un contexte d’opposition Est-Ouest qui ne fut pas loin de déboucher sur un holocauste nucléaire. Pendant toute la phase de décadence capitaliste, les rencontres sportives ont toutes été marquées par les clivages de nature impérialiste. L’universalité symbolisée par les anneaux olympiques n’est donc qu’une sinistre tartufferie ; elle représente un véritable panier de crabes aux intérêts capitalistes divergents. Dès les années 1920, par exemple, les vaincus, comme l’Allemagne, étaient écartés des Jeux par vengeance et en représailles. En 1948, l’Allemagne et le Japon étaient exclus. Aux Jeux de 1956, à Melbourne, le boycott de la part d’un certain nombre de pays (Pays-Bas, Espagne, Suisse...) permettait de réagir politiquement contre l’invasion des chars soviétiques à Budapest en alimentant les tensions de la « Guerre Froide ». Notons, par contre, qu’au Mexique, en 1968, au moment de la répression et du massacre de 300 étudiants place des Trois cultures, de grandes démocraties invitées participèrent sans sourciller à ces jeux ! En 1972, les Jeux olympiques de Munich ont été le théâtre d’actes de guerre. L’équipe israélienne a ainsi été prise en otage par un commando palestinien. Bilan : un bain de sang, le massacre de 17 personnes ! En 1976, une grande partie du continent noir était absente des Jeux du fait de l’apartheid. Dans les années 1980, les Jeux de Moscou, véritable hymne militaire à la gloire du régime stalinien, étaient boycottés par bon nombre d’alliés occidentaux du bloc américain rival, dont la Chine, en opposition cette fois à l’intervention russe en Afghanistan ! Basculée du côté de l’impérialisme américain, on a parlé tout un temps, à propos de la Chine, du fait de la dimension politique du sport, de sa « diplomatie du ping-pong ». Aujourd’hui, la montée en puissance de la Chine sur la scène impérialiste mondiale, notamment face aux États-Unis, s’accompagne de records sportifs très agressifs, révélateurs d’ambitions clairement affichées.

A chaque fois, les Etats engagés ont toujours présenté des athlètes dopés à mort, « en guerre » pour défier « l’ennemi », que ce soit dans le cadre de blocs militaires rivaux, au sein même de ces derniers, ou, après leur disparition, entre nations. Le football a largement illustré ces tensions, alimentant les climats de haine dans les foules. Parmi la foison d’exemples, nous retiendrons l’épisode tragique du match entre le Salvador et le Honduras, en 1969, pour la qualification à la Coupe du monde de 1970. Cette rencontre était le prélude d’une guerre entre ces deux pays qui fit au moins 4000 morts !

Un miroir de la barbarie du capitalisme en décomposition

Le sport exprime de plus en plus clairement la réalité du pourrissement sur pied d’une société bourgeoise sans avenir. L’absence de perspectives, le chômage et la misère, ont fait naître, dès les années 1970 et surtout à l’aube des années 1980, des hordes de hooligans xénophobes sous l’emprise régulière de l’alcool, semant la terreur et la haine, particulièrement dans les stades des grandes métropoles sinistrées par la crise. Ils ont régulièrement infesté les rencontres sportives, en Angleterre et ailleurs, comme ce fut le cas par exemple en mai 1990 lors du match opposant le Dynamo Zagreb au Red Star de Belgrade, débouchant sur une bataille rangée faisant des centaines de blessés et plusieurs morts, contribuant à envenimer les tensions nationalistes déjà existantes qui allaient déboucher sur la guerre en ex-Yougoslavie. Parmi les supporteurs serbes les plus radicaux, on remarquait le chef de guerre Arkan, spécialiste de « l’épuration ethnique », nationaliste recherché plus tard par l’ONU pour « crime contre l’humanité » !

Outre cet épisode dont on aurait pu multiplier les exemples, la violence croissante a fait dire au bon sens populaire bourgeois que le sport était, de plus en plus, « gangrené par l’argent et les mafias ». C’est occulter le fait que le sport est lui-même une mafia et un pur produit du capitalisme ! S’il est vrai qu’il est investi par un secteur financier hypertrophié, par des systèmes occultes fonctionnant avec des « sociétés écrans », à la tête desquelles se trouvent in fine en bout de chaîne les États eux-mêmes, le sport génère, du fait de la crise économique catastrophique, un véritable jeu de casino, symbole même d’un mode de production en faillite. Les grandes instances internationales sportives, comme le CIO (Comité Olympique International) ou la FIFA (Fédération Internationale de Football Association), les grands clubs, qui alimentent des mœurs de voyous et de gangsters, dont certains joueurs sont d’éminents représentants, les politiciens et les spéculateurs véreux, accompagnent les scandales à répétitions dont les détournements de fonds réguliers ne sont que la partie émergée de l’iceberg.9 Des opérations financières sauvages pour la construction des complexes sportifs, comme en Chine ou en Afrique du Sud ces dernières années, témoignent de pratiques brutales très courantes, comme l’expropriation violente de gens misérables qu’on jette à la rue pour l’occasion.

Tous les Etats, les mafias, ainsi que le monde « sportif » pourri jusqu’à la moelle, spéculent dans le secteur économique du sport et des jeux. Certains, en achetant même des clubs, comme récemment le Qatar avec le Paris-Saint-Germain et son cortège de vedettes, procèdent à des investissements faramineux dans ce secteur improductif. C’est aussi le cas en Grande-Bretagne pour les grands clubs. Lors du « mercato », véritable « marché aux bestiaux » de footballeurs, les transactions servent même régulièrement à blanchir de l’argent « sale ». Selon Noël Pons (spécialiste en criminalité) : « Les clubs de football sont des entreprises de type CAC 40, le phénomène de blanchiment doit donc être au même niveau de ce qu’il peut être pour ces entreprises ».10

Le revers de cette médaille est la surexploitation : à côté des stars surpayées et des agents véreux, des milliers de jeunes sportifs se retrouvent sans contrats, paupérisés, notamment de très jeunes Africains qu’on fait venir avec des promesses mirifiques en Europe, que les clubs jettent ensuite sans scrupule à la rue et qui deviennent parfois SDF. L’autre grande spécialité est depuis longtemps celle des matchs truqués, des paris d’argent, qui affectent un nombre incalculable de rencontres en Europe et dans le monde. Le football italien, davantage sur la sellette, montre que de nombreux joueurs et dirigeants sont clairement liés au monde politique et au crime organisé. Même des sports qui ont été présentés comme « propres » par les médias, tel le handball en France, sont sujets aux paris truqués et à la corruption ! C’est d’ailleurs le cas du tennis, ou des joueurs rétribués en coulisses n’hésitent pas à perdre volontairement des matchs pour gagner plus d’argent.

Toutes ces pratiques de voyous, qui sont en dernière instance celles des Etats, ne s’arrêtent pas là. Elles affectent parfois même la sécurité des spectateurs, comme, par exemple, on a pu le constater en 1985 lors de la tragédie du stade du Heysel en Belgique, où sous le poids de supporters excités, des grilles de séparation se sont effondrées, faisant 39 morts et plus de 600 blessés ! Ces tragédies, malheureusement, ne sont pas uniques. Les installations à bas coûts, la surcapacité et les mouvements de foules entraînent des catastrophes comme celle de Sheffield, en avril 1989 : 96 morts, 766 blessés ! Au stade Furiani à Bastia, le 5 mai 1992, pour une question de rentabilité, une tribune provisoire construite à la va-vite s’effondrait juste avant le coup d’envoi faisant 18 morts et 2300 blessés !

Le dopage : une pure expression de ce monde décadent

Nous ne pouvons finir sans évoquer l’exploitation barbare, forcenée et scandaleuse des athlètes eux-mêmes, en particulier par le dopage, jusqu’aux limites physiologiques et même jusqu’à la mort. Au début du siècle dernier, des substances dopantes comme la strychnine étaient déjà banalisées. Très tôt, pour l’Etat, « le sport est devenu la science expérimentale du rendement corporel qui a exigé la création de laboratoires de médecine sportive, la mise au point de matériel expérimental et d’engins divers, l’ouverture d’instituts sportifs spécialisés ».11 En 1967, tout le monde était choqué par le décès du cycliste britannique Tom Simpson sur les pentes du Mont Ventoux, mais la réalité du dopage était depuis longtemps institutionnalisée. Comme le souligne l’ancien médecin du Tour de France, le docteur Jean-Pierre de Mondenard : « Le sport de haut niveau est une école de la triche ». Aujourd’hui, suivi médical et dopage sont donc intimement mêlés. Stéroïdes, anabolisants, EPO, autotransfusions sont utilisés de manière courante dans les compétitions, encadrées par les équipes médicales de toutes les grandes écuries. Inutile de dire que le phénomène touche tous les sports à très hautes doses ! Un sport comme le rugby, par exemple, est concerné dès la formation des jeunes joueurs. C’est ce que montre ce témoignage d’un sportif de 24 ans, aujourd’hui malade, à la carrière brisée : « On arrive en centre de formation. Là, on entend beaucoup parler du “vrai” dopage. Certains de mes coéquipiers s’injectaient des molécules, des produits vétérinaires, fournis par un médecin qui tournait autour du club. On parle de clenbutérol et de salbutamol, d’anabolisants de veaux et de taureaux. Tu ne vas plus rien acheter sur Internet mais essayer de rencontrer la personne qu’il faut. Le médecin te fait tes premières injections et te laisse faire ensuite. » Il ajoute très justement ceci : « L’omerta est déjà très forte dans le milieu du sport, elle l’est encore plus quand cela concerne des adolescents. »12 Usés et détruits prématurément, les sportifs souffrent de troubles très graves : accidents cardiaques et circulatoires, insuffisances rénales et hépatiques, cancers, impuissance, stérilité, troubles de la grossesse chez la femme enceinte, maladies musculo-squelettiques, etc. Un nombre important d’athlètes de haut niveau décèdent avant 40 ans ! L’exemple des nageuses est-allemandes, qui révèle déjà toute la brutalité et l’horreur capitaliste de la planification étatique, a été depuis, très largement surpassé. Rappelons tout de même que comme les autres athlètes, ces nageuses étaient dopées de force, le plus souvent à leur insu. Fliquées par les services spéciaux (Stasi, KGB) dans tous leurs déplacements, ces athlètes ne devaient pas communiquer avec les gens de l’Ouest, sous peine de représailles contre leur famille. Devenues des « hommes » sur le plan hormonal (forte pilosité, trouble de la libido, clitoris hypertrophié...) grâce à des pilules et des injections quotidiennes inoculées par des médecins spécialisés13, elles étaient condamnées à toutes sortes de chantages et au silence par l’Etat. On recense plus de 10 000 victimes ! Bon nombre d’entre elles est décédé, atteintes de cancers, gravement malades.14 Aujourd’hui, les cas très connus du cyclisme, de l’affaire Festina15 aux déboires de coureurs autant acteurs que victimes et boucs-émissaires, comme le cycliste Lance Amstrong, destitué dernièrement (avec la perte de ses 7 titres de vainqueur au palmarès du Tour de France et de ses maillots jaunes), témoignent du fait que les lois du capital et du profit ne reculent devant rien.

L’ « éthique du sport » est celle du capitalisme ! Elle se résume en peu de mots : ambition, tricherie, corruption, hypocrisie, concurrence à mort, violence et brutalité ! Le sport paralympique connaît d’ailleurs la même logique, une sordide mise en concurrence qui débouche sur une sorte de « guerre des prothèses ».

Vouloir encore « moraliser » le sport aujourd’hui ne relève plus seulement d’une pure illusion. Il s’agit, pour le moins, d’une utopie réactionnaire et même d’une véritable escroquerie !

Conclusion : sport et communisme

Les tentatives d’utiliser le sport dans la décadence capitaliste pour le combat ouvrier n’ont fait qu’accentuer la gangrène opportuniste, stimuler les forces conservatrices. Il ne peut exister de « sport prolétarien ». Lors de la vague révolutionnaire mondiale de 1917-1923, l’échec programmé de l’Internationale Rouge du Sport (ISR fondée en 1921) était lié aux conditions historiques et politiques du moment, celles du capitalisme décadent et de l’isolement tragique de la révolution en Russie. Les Jeux d’Asie Centrale, organisés sportivement en 1920 par les bolcheviks à Tachkent (Ouzbékistan), stimulant les sentiments nationaux et renforçant les États locaux, véritable mosaïque de l’ex-empire russe, n’avaient fait qu’accroître la confusion politique. Pire, ils allaient durcir le cordon sanitaire des troupes bourgeoises de l’Entente autour d’une Russie soviétique assiégée. Les « Spartakiades » de Moscou, en 1928, parachevaient la défense de la « patrie socialiste » par ces jeux sportifs qui incarnaient déjà la contre-révolution. Le seul vrai « triomphe » était alors celui du stalinisme, exhibant avec fierté ses « bolcheviks d’acier » ! Marx soulignait que la société communiste ferait « la démonstration pratique de la possibilité d’unir l’enseignement et la gymnastique avec le travail et vice-versa ». Cela, dans la perspective de réaliser des « hommes complets ».16 Si Lénine et les bolcheviks défendaient une telle vision au départ, ils ne purent avoir le temps, ni la possibilité, de voir cette œuvre s’accomplir. Le stalinisme a créé l’inverse : une caricature médicalisée de robots monstrueux ! Il est naturellement difficile d’entrevoir la société communiste du futur. Mais il est certain que le sport, tel qu’il existe actuellement, aura forcément disparu dans une société sans classes sociales. Il est autant difficile pour un amateur de sport de le concevoir aujourd’hui, qu’il l’est pour un dépendant d’entrevoir un monde sans addictions. Aux séparations artificielles de toutes sortes entre activités physiques et intellectuelles, aux oppositions forcées entre sportifs et sédentaires, devra se substituer un monde humain, unitaire, créatif et libre. Ainsi, « l’homme complet », cher à Marx, retrouvera dans le communisme sa vraie nature sociale : « Les sens de l’homme social sont autres que ceux de l’homme non social. C’est seulement grâce à l’épanouissement de la richesse de l’être humain que se forme et se développe la richesse de la sensibilité subjective de l’homme : une oreille musicienne, un œil pour la beauté des formes, bref des sens capables de jouissance humaine, des sens s’affirmant comme maîtrise propre à l’être hu­main... une fois accomplie (sa ges­tation), la société produit comme sa réalité durable l’homme pourvu de toutes les richesses de son être, l’homme riche, l’homme doué de tous ses sens, l’homme profond. »17 Cet homme « profond » exprimera ainsi sa véritable individualité dans une harmonie supérieure : celle de l’unité dialectique rendant grâce à la beauté du corps et de l’esprit.

Courant Communiste International - http://fr.internationalism.org

1 E. Hobsbawm, Nations et nationalisme depuis 1780, Folio histoire.

2 Op. cit.

3 J-M Brohm, Sociologie politique du sport, 1976, réédition : Nancy, P.U.N., 1992.

4Notons qu’on voit désormais ressortir le drapeau national allemand dans les foules lors de rencontres sportives, conformément aux nouvelles ambitions impérialistes allemandes ; cela, après des années de sourdines imposées par un lourd passé.

5 Comme, par exemple, l’idéologie « black-blanc-beur » en France : allusion au drapeau tricolore « bleu-blanc-rouge » et à l’unité nationale, au-delà des couleurs de peaux et des origines, derrière l’État républicain, dans une sorte d’union sacrée.

6 Brochure de Junius, 1915.

7 http://www.memorialdelashoah.org

8 Ceci n’a d’ailleurs pas plus enthousiasmé la bourgeoisie américaine d’alors, marquée par des préjugés raciaux diviseurs et meurtriers. Les minorités noires étaient, en effet, marginalisées lors des Jeux Olympiques de Saint-Louis en 1904. Des compétitions spéciales, appelées « journées anthropologiques » étaient même organisées et réservées à ce que les « officiels » considéraient comme des « sous-hommes ». Victimes de ségrégation et de lynchages, les minorités noires allaient réagir plus tard dans des luttes parcellaires, dont celle des célèbres « Black Panthers », incarnées sur le podium des Jeux Olympiques de Mexico en 1968 par les poings levés, gantés de noir, des coureurs Smith et Carlos.

9 Un scandale parmi d’autres : lors de la candidature de Salt Lake City aux Jeux d’Hiver 2002, des membres du CIO ont accepté des pots-de vin venant des élus influents.

10 http://www.lemonde.fr/sport/article...

11 J-M Brohm, Sociologie politique du sport, 1976, réédition : Nancy, P.U.N., 1992.

12 http://www.rue89.com

13 Notons que des entraineurs en ex-RDA auraient même mis enceinte leurs sportives : au troisième mois de grossesse, la femme produisant davantage de testostérone serait plus performante !

14 Pour donner une idée de la progression du phénomène de dopage aujourd’hui, un exemple : le record de l’Australienne Stéphanie Rice (au 400 mètres 4 nages à Pékin en 2008) est inférieur de 7 secondes à celui de l’ex-championne de l’Est, Petra Schneider, (en 1980 à Moscou), pourtant réputée très fortement « chargée » en stéroïdes !

15 En juillet 1998, le soigneur de l’équipe cycliste Festina, Willy Voet, était arrêté par la douane. Il transportait des ampoules d’érythropoïétine (EPO), des capsules d’amphétamines, des solutions d’hormone de croissance et des flacons de testostérone.

16 Marx cité par J-M Brohm, Sociologie politique du sport, 1976, réédition : Nancy, P.U.N., 1992.

17 Marx, Manuscrits, « Communisme et propriété », La Pléiade, T.II.

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