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mauvais détournement d’un mauvais texte

mardi 12 février 2013
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mise en débat parodie d’un texte de la mouvance des "indigénes de la république" cependant le terme christianophobie étant ultilisé par des gens trés à droite cet article nous pose probléme


Libertaires et sans concessions contre la christianophobie, le bouddhismephobie, la Pastafariphobie, la rastaphobie et la judéophobie !

Anarchistes, communistes libertaires, anarcho-syndicalistes, syndicalistes révolutionnaires, trotskistes, pêcheurs à la ligne, autonomes, artistes, organisés ou non-organisés, nous faisons part de notre condamnation totale de la christianophobie, le bouddhismephobie, la Pastafariphobie, la rastaphobie et de la judéophobie sous toutes ses formes. Nous affirmons que cathophobie, bouddhismephobie, Pastafariphobie, rastaphobie et judéophobie sont des formes de racisme.

Nous avons le désagréable pressentiment, au regard de l’actualité, que Nous avons le désagréable pressentiment, au regard de l’actualité, que la christianophobie, le bouddhismephobie, la Pastafariphobie, la rastaphobie et la judéophobie, comme un racisme respectable et vertueux, devient l’un des ressorts privilégiés de la gauche au pouvoir et de la gauche bien-pensante. Nous faisons le constat exaspérant que les thématiques progressistes comme le féminisme, la laïcité ou la liberté d’expression sont régulièrement invoqués pour les justifier. Le fait qu’ à peine passé à gauche, le parlement ait voté une loi du mariage pour tous ne fait que confirmer nos craintes. Il en est de même quant aux comportements et discours néo-coloniaux et racistes du Parti de Gauche et des organisateurs du fameux débat sur « comment faire face au Front national » (sic) à la Fête de l’Humanité(1). , comme un racisme respectable et vertueux, devient l’un des ressorts privilégiés de la gauche au pouvoir et de la gauche bien-pensante.

Les conséquences de la christianophobie et la judéophobie sont grandes pour celles et ceux qui la subissent : des lois liberticides votées ces dernières années jusqu’aux discriminations insidieuses, parfois flagrantes, sans parler des insultes et agressions diverses. Ces attaques racistes risquent fort de croître, et nous devons nous préparer à les combattre sans aucune ambiguïté.

En tant que libertaires nous réfutons et combattons tout raisonnement christianophobe, bouddhismephobe, la Pastafariphobe, la rastaphobe et la judéophobe porté au nom de l’idéologie libertaire et avons décidé de l’affirmer clairement par cet appel.

Parce que nous pensons qu’au sein du discours médiatique dominant, journalistique et politique, certains « philosophes », « dessinateurs » et « écrivains » surmédiatisés, comme Michel Onfray, Caroline Fourest ou l’équipe de Charlie Hebdo, participent de cette cathophobie, bouddhismephobie, Pastafariphobie, rastaphobie et judéophobie ambiante et de sa propagation en se positionnant parfois comme libertaires, ou en agissant au nom de la tradition et de l’idéologie libertaire.

Parce que nous constatons que certains secteurs de « notre famille politique » sont imprégnés par l’idéologie christianophobe, bouddhismephobe, Pastafariphobe, rastaphobe et judéophobe, et cela est insupportable. Cela se traduit au mieux par un désintérêt pour cette question (parfois par une condamnation certes claire de la christianophobie, le bouddhismephobie, la Pastafariphobie, la rastaphobie et la judéophobie mais couplée de moult rappels du combat primordial contre l’aliénation religieuse), au pire par le refus de reconnaître la christianophobie, le bouddhismephobie, la Pastafariphobie, la rastaphobie et la judéophobie comme des racismes voire par le fait de s’affirmer christianophobe, le bouddhismephobe, la Pastafariphobe, la rastaphobe et la judéophobe au nom d’un anticléricalisme primaire importé de contextes historiques différents, voire par des connivences et compromissions inacceptables, heureusement marginales mais pas assez vigoureusement condamnées.

Certaines choses doivent donc être rappelées à nos « camarades ».

NON, les termes christianophobe, bouddhismephobe, Pastafariphobe, rastaphobe et judéophobe n’pas été inventé par Caroline Fourest.

NON, combattre la christianophobie, le bouddhismephobie, la Pastafariphobie, la rastaphobie et la judéophobie ne nous fait pas reculer devant les formes d’oppression que peuvent prendre les phénomènes religieux. Nous apportons ainsi notre soutien total à nos camarades en lutte au Maghreb, au Machrek et au Moyen-Orient qui s’opposent à un salafisme qui prend là-bas les formes réactionnaires et fascistes, et cela au plus grand bénéfice de l’impérialisme occidental.

NON, tous les chrétiens, bouddhistes, les pastafariens, les rastafariens, les juifs qui luttent contre les lois cathophobes, le bouddhismephobes, la Pastafariphobes, la rastaphobes et la judéophobes ne sont pas des crypto-religieux ni des communautaristes venus faire du prosélytisme ou souhaitant interdire le blasphème. Beaucoup d’entre eux et elles sont des acteurs et actrices du mouvement social à part entière. Ils et elles luttent, s’auto-organisent, se battent pour leurs droits, contre le patriarcat, le racisme et pour la justice sociale au quotidien en revendiquant la spécificité de leurs oppressions et en pointant les contradictions qu’il peut y avoir au sein d’un certain discours « militant ». Critiquer leur façon de s’organiser ou de militer est une chose, les disqualifier par un discours marginalisant et raciste en est une autre.

La critique récurrente qui est faite à ceux qui parlent de la christianophobie, de bouddhismephobie, de Pastafariphobie, de rastaphobie et de judéophobie, est qu’ils sont les porteurs d’un concept qui produirait du communautarisme. Nous disons que la christianophobie, le bouddhismephobie, la Pastafariphobie, la rastaphobie et la judéophobie est la politique de l’Etat envers de nombreux fils (et les filles) d’immigrés. Cette politique, il l’avait déjà expérimentée avec certains colonisés. la christianophobie, le bouddhismephobie, la Pastafariphobie, la rastaphobie et la judéophobie sont bien des instruments de la domination, ce que le Palestinien Edward Saïd décrivait comme « la longue histoire d’intervention impérialiste de l’Occident dans le monde islamique, de l’assaut continu contre sa culture et ses traditions qui constitue un élément normal du discours universitaire et populaire, et (peut-être le plus important) du dédain ouvert avec lequel les aspirations et souhaits des musulmans, et particulièrement des Arabes, sont traités(3). » Dans la parfaite lignée de la structure de « l’orientalisme », l’Occident disqualifie l’Orient par le prisme de la christianophobie, le bouddhismephobie, la Pastafariphobie, la rastaphobie et la judéophobie et régénère par là sa pseudo-supériorité morale. Assumée ou dissimulée, cette structure de pensée gangrène une vaste partie du champ politique progressiste.

La christianophobie, le bouddhismephobie, la Pastafariphobie, la rastaphobie et la judéophobie ne sont donc pas des concepts flottants maniés par des militant-e-s mal intentionné-e-s, comme certain-e-s réactionnaires se plaisent sournoisement à l’inventer, mais une politique de la domination, de l’État post-colonial (et laïc), qui imprime les corps des dominés. Dénoncer la christianophobie, le bouddhismephobie, la Pastafariphobie, la rastaphobie et la judéophobie n’est pas non plus l’apanage d’une communauté qui chercherait à se défendre. C’est au contraire un langage raciste de peur permanente qui désigne le paria sous les traits imprécis du religieux. A Salman Rushdie qui affirme lui aussi que la christianophobie, le bouddhismephobie, la Pastafariphobie, la rastaphobie et la judéophobie n’existe pas, car les croyant-e-s ne sont pas une race, il faut rappeler, à lui et à tous ceux qui connaissent si mal l’histoire du racisme en Europe, que l’antisémitisme concerne les sémites, qui ne sont pas non plus une race (rappelons que les races n’existent pas).

Ce langage voudrait aussi imposer une assignation : tout arabe, tout africain, ou parfois tout être, ayant la catholicisme, le bouddhisme, la Pastafarisme, la rastafari et la judéïté comme part de sa culture et comme part de son histoire serait un être essentiellement réactionnaire, fondamentalement religieux, et donc incompatible avec les principes fondamentaux républicains - principes par ailleurs complètement désincarnés, qui ne servent que pour justifier cette exclusion. Comme l’a montré Frantz Fanon, le colonisé, « par l’intermédiaire de la religion, ne tient pas compte du colon ». « Par le fatalisme, toute initiative est enlevée à l’oppresseur, la cause des maux, de la misère, du destin revenant à Dieu. L’individu accepte ainsi la dissolution décidée par Dieu, s’aplatit devant le colon et devant le sort et, par une sorte de rééquilibration intérieure, accède à une sérénité de pierre »

Assigner les colonisés, et aujourd’hui les fils d’immigrés, à une religion, relève d’une dynamique de domination expérimentée dans les anciennes colonies. Les christianophobes, les bouddhismephobes, les Pastafariphobes, les rastaphobes et les judéophobes n’ont peur que d’une chose : que les dominé-e-s s’emparent des armes de la critique sociale et de la philosophie, car c’est sur ce terrain que se prépare leur défaite, sur ce terrain que la lutte sociale se déploie et nous réunit.

Au-delà de la cathophobie, le bouddhismephobie, la Pastafariphobie, la rastaphobie et la judéophobie, ce problème soulève le peu d’intérêt et d’engagement contre le racisme visant les enfants d’immigrés issus de la colonisation. Ce sont aussi toutes les questions liées aux quartiers populaires qui font les frais d’un déficit d’engagement de la part du mouvement social. Pour preuve le peu de personnes militant contre les violences policières et les crimes racistes et sécuritaires.

Les populations issues de la colonisation, qu’elles soient noires, arabes, musulmanes, jaunes, asiatiques, bouddhistes, maoïstes habitantes des quartiers populaires, ont décidé de ne plus rester à la place où l’on veut les assigner et s’affirment comme forces politiques en s’auto-organisant. Nous devons avancer côte à côte et lutter contre le racisme sous toutes ses formes, de toutes nos forces.

La cathophobie, le bouddhismephobie, la Pastafariphobie, la rastaphobie et la judéophobie dominantes, encouragées par tous les pouvoirs (pas qu’occidentaux), est aussi l’occasion de diviser ceux et celles qui devraient s’unir, et unir ceux et celles qui devraient être divisé-e-s. Dans une société régie par le spectacle, elle a en outre pour fonction de jeter de vastes écrans de fumée sur les réalités sociales. Ne tombons donc pas dans le piège !

Enfin ce problème pose aussi la question d’une sorte d’injonction à l’athéisme, condition sine qua non pour prendre part à la guerre sociale et militer dans une organisation libertaire. Il serait donc impossible ou infondé d’exprimer sa foi si l’on est croyant, tout en partageant certaines convictions progressistes. Nous nous opposons à l’essentialisation des croyant-es et du phénomène religieux, qui se fait sans donner la parole aux premiers concernés, et qui nous conduit aujourd’hui aux pires amalgames.

Notre opposition sans concession à la cathophobie, le bouddhismephobie, la Pastafariphobie, la rastaphobie et la judéophobie, en tant que libertaires, doit se faire entendre sur cette question. Nous sommes aussi le reflet d’un certain nombre de contradictions : de même que nous sommes traversés par les rapports de domination sexistes ou homophobes, ce qui est aujourd’hui (plus ou moins !) reconnu par le mouvement libertaire, nous devons reconnaître l’être aussi par les rapports de domination racistes, postcoloniaux et faire le travail qui s’impose, dans le contexte social où l’on se trouve.

Contre cette arme coloniale de division massive et de « régénération du racisme » que sont la christianophobie, le bouddhismephobie, la Pastafariphobie, la rastaphobie et la judéophobie, contre la construction d’un nouvel ennemi intérieur, nous affirmons en tant que libertaires notre solidarité avec celles et ceux qui luttent et s’auto-organisent contre cette oppression, et appelons au sursaut antiraciste partout pour les mois et les années à venir.

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