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Lubrizol : le capitalisme nous empoisonne, les réformistes pleurnichent

mardi 29 janvier 2013
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A compter du lundi 21 janvier et pendant plus d’une semaine, l’usine Lubrizol de Rouen a émis du gaz mercaptan dans l’air de l’agglomération rouennaise.

Le mardi 22, l’odeur nauséabonde du gaz a été sentie jusqu’en région parisienne et dans le Sud de l’Angleterre. Le Ministère de l’Intérieur n’a cessé d’affirmer qu’il n’y avait aucun risque pour la population alors que l’inhalation de ce gaz, même à dose réduite, peut provoquer des irritations pulmonaires, des nausées, des vomissements.

Rien n’a été fait pour les riverains et l’omerta a été quasi-totale. Cependant, une mesure a été prise par les autorités : l’annulation du match de la Coupe de France qui devait voir le FC Rouen affronter l’Olympique de Marseille ! Quel mépris pour les prolétaires riverains qui eux pouvaient respirer cet air irrespirable par des stars du foot capitaliste.

Les près de 500 000 habitants des agglomérations de Rouen et Elbeuf vivent à proximité d’une bonne quinzaine de sites classés Seveso. Ces usines fonctionnent pour satisfaire la soif de profit du capital. Elles empoisonnent au quotidien les populations environnantes et présentent un risque majeur pour celles-ci. Elles cherchent à produire toujours plus avec toujours moins de travailleurs, et avec toujours moins de dépenses pour assurer la maintenance et la sécurité des installations.

Cet accident industriel – minimisé par l’industriel et la préfecture – n’est ni anodin, ni exceptionnel. C’est un des multiples crimes commis au quotidien par le capital contre les prolétaires obligés de risquer leur vie pour pouvoir la gagner et contre les habitants des quartiers populaires. Dans le Capital, Marx le dénonçait déjà :

« En raison des antagonismes et des contradictions que recèle sa nature, le système de production capitaliste en arrive à compter au nombre des économies dans l’emploi du capital constant et donc au nombre des moyens d’élever le taux de profit, même le gaspillage de la vie et de la santé de l’ouvrier, l’avilissement de ses conditions d’existence. L’ouvrier passant la majeure partie de sa vie dans le procès de production, les conditions de ce procès sont en grande partie conditions du procès de sa vie active, ses propres condition de vie, et l’économie réalisée sur ces conditions de vie est une méthode pour augmenter le taux de profit ; exactement comme nous avons vu déjà précédemment au livre Ier, que surmener un ouvrier, le transformer en bête de travail, est une méthode pour accélérer la mise en valeur du capital, la production de plus-value. Cette économie va jusqu’à bourrer d’ouvriers des pièces étroites et malsaines ce qui, en langage capitaliste, s’appelle économiser des bâtiments ; entasser des machines dangereuses dans le même local et négliger les moyens de protection contre le risque d’accident ; ne pas prendre de mesures de sécurité dans les procès de production insalubres de par leur nature ou périlleux comme dans les mines, etc. Sans parler de toute installation pour rendre humain, agréable ou simplement supportable le procès de production. Du point de vue capitaliste, ces dépenses constitueraient un gaspillage inutile et déraisonnable. » (Karl Marx, Le Capital, Livre III, Chapitre V, Editions du Progrès, Moscou, 1984, tome 3, pp. 96-97)

Naturellement, ceux qui ne contestent pas les lois du capital mais souhaitent seulement atténuer leurs effets ont joué les pleureuses.

La Fédération CGT de la Chimie demande « un renforcement des droits des salariés dans les entreprises ; des droits pour les populations environnantes, afin de concilier développement industriel et progrès social, exigences incompatibles avec les stratégies financières qui servent de boussole à la gestion dans les entreprises. » (« Du mercaptan à l’usine Lubrizol de Petit-Quevilly : Santé et Sécurité sont les enjeux ! », communiqué de la FNIC-CGT, 25 janvier). Le PCF juge que « l’on peut légitimement s’interroger sur le contrôle des procédures d’exploitation de ce type d’usine, sur le mode d’information des risques en direction des populations et les conditions d’élaboration des plans de prévention des risques technologiques (PPRT). Pour cela on ne doit pas mégoter sur les moyens financiers affectés aux services publics de l’environnement » (Rouen : Face au risque industriel, pas d’austérité pour la sécurité des salariés et des populations). Le NPA demande aux industriels et aux pouvoirs publics de « jouer la totale transparence, rendre publics les résultats d’analyses, réunir les associations de riverains et de protection de l’environnement, les syndicalistes du secteur, les élus, des médecins et des scientifiques pour faire toute la lumière » (NPA 76, « Lubrizol : opacité de l’information »)

Les réformistes pensent qu’une « bonne » politique dans le cadre du capitalisme pourrait limiter voire éviter les risques. Mais cette pollution massive comme les risques technologiques ne sont pas le fruit d’une mauvaise politique mais ils sont inhérents au mode de production capitaliste. C’est la loi du profit qui nous empoisonne. Pour ce protéger des dangers mortels de la loi du profit, il n’y a qu’une solution : liquider le capitalisme par la révolution prolétarienne. Toutes les autres jérémiades ne sont qu’un rideau de fumée pour masquer son caractère mortifère aux yeux des prolétaires.

Parti Communiste International

www.pcint.org

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