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greve et occupation a l’usine PSA aulnay sous bois

jeudi 17 janvier 2013
impression 39 réactions

communique du syndicat SUD PSA Aulnay :

la greve reconductible a été votée cet apres midi avec occupation de l’usine. les modalites d’occupation vont etre definies demain matin en AG. Le mouvement s’est durci et la determination est là pour faire plier la direction.

demain les alaries de PSA prendront la tête de la manif " pour l’emploi" a partir du bourget à 10h30 pour se rendre à bobigny prefecture

vive la grève !

le 16 janvier 2013

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  • ouf ben il était temps !

  • Bravo pour la grève ; je sais , ça sera certainement difficile .. ; Alors , peut-être qu’au lieu de courir et vous épuiser à manifester dans tous les endroits où vous trouverez des responsables de PSA , essayez d’occuper vraiment VOTRE usine . Cette usine n’existerait pas sans vous . Installez-vous avec des cabanes pour manger , dormir , vous réunir en prenant vraiment le lieu de votre usine POUR VOUS .

  • Et aussi prenez vos décisions par vous même, ne vous laisser pas embobiner par les syndicats qui eux négocient et se présentent comme des partenaires sociaux.

  • La bonne question est celle du rapport de force… 18 janvier 2013 06:33, par Vieux Sympathisant de la Gauche communiste internationaliste

    La bonne question, c’est : est-ce que l’occupation D’UNE usine, et même l’occupation d’usine tout court, parviendra à « faire plier la direction » ?

    À la lumière de l’histoire et des luttes qui ont pu se dérouler sur cette base depuis plusieurs décennies, la réponse est : non…

  • greve et occupation a l’usine PSA aulnay sous bois 18 janvier 2013 11:54, par Koukou L’euphorie1

    jeune chômeur et galérien, j’ai beau trouver génial la grève à PSA (d’autant plus avec occupation), je comprend pas la revendication "pour l’emploi". Cette société ne nous garantira jamais rien que nous ne puissions garantir pour nous. Et certainement pas aucune "sécurité". Mais aussi parce que dans cette société, pour moi, travail rime avec exploitation. Et le fait de revendiquer son exploitation me pose problème. Je revendique pas mon statut de chômeur et ne suis pas "fier" de ne pas bosser et toucher des aides sociales (sans en avoir honte non plus, chacun-E survit comme il ou elle peut) mais je ne peux pas "revendiquer l’emploi". C’est comme revendiquer le fait d’avoir un patron. On descendrai pas dans la rue en disant "on veut des patrons !".

  • greve et occupation a l’usine PSA aulnay sous bois 18 janvier 2013 11:56, par Koukou L’euphorie2

    En fait, tout l’intérêt de la grève me semble t’il, c’est précisément qu’on sabote la production en arrêtant de travailler, et qu’on gagne par la même du temps de vie en luttant et en expérimenter de nouvelles manières de s’organiser et de vivre (et de rencontrer d’autres gens aussi !). Mais justement quoi qu’il en soit si vous appelez à la solidarité sur vos propres bases, par le comité de grève : moi je viendrai vous soutenir. Et d’autres gens aussi je pense. Bon courage, ne lâchez rien !

  • Bon 06:33 c’est bien gentil de donner des leçons es-militantisme mais tu propose quoi de concret comme type d’actions.

    Sinon entiérement d’accord avec la critique de 11:54 être solidaire des luttes ouvriéres d’accord mais tout en restant conscient et critique face au productivisme de certaines orgas syndicales et de certains situés pourtant à "la gauche de la gauche"

    Ceci dit Solidarité avec nos camarades de PSA.

  • 13h07, non mais qui es-tu pour expliquer aux salariés de PSA comment ils doivent mener une grève et une occupation ? D’abord es-tu sur place ? Leur as-tu parlé ? Et puis, quel est ce mépris pour des pratiques syndicales classiques et, certes, souvent douteuses, sous prétexte qu’elles ne rentrent pas dans ton credo de la radicalité ? D’une part, considérer les syndicats comme des valets du capital c’est vraiment faire preuve d’une simplification ultra schématique de la réalité sociale. Aucun moyen de comprendre quoique ce soit à partir de là ni d’ouvrir aucune perspective et c’est faire preuve d’un maximalisme complètement idéaliste. D’autre part, c’est ignorer et mépriser un combat syndical qui a obtenu bien plus d’acquis que tes magouilles totoïdes.

  • suite. Pour le Vieux Sympathisant de la Gauche communiste internationaliste, alors là c’est vraiment n’importe quoi ton poste. Quelles sont les conséquences de ton constat ? Il faut prendre les armes ? on doit deviner ? c’est pour faire joli ? D’abord, si l’on se réfère "à la la lumière de l’histoire des luttes" ta conclusion est fausse, de plus, elle laisse un flou stratégique tel qu’on a envie de te signaler que ça sert à rien de parler pour rien dire.

  • je trouve les commentaires de 19:57 et 11:54 assez perché. il y a une grosse tradition de lutte a PSA Aulnay, depuis au moins la grève de 82 et je crois que c’est bien de faire preuve d’humilité et d’arreter de donner des leçons. la greve qui vient de commencer est partie de la base et les grevistes sont conscient des enjeux. ils sont au courant de ce que c’est le travail a la chaine (la plupart font ça depuis + de 10 ans) mais ils preferent ça au chômage. et vu le taux de chômage dans le 93 et les discriminations raciales a l’embauche quand on est noir ou arabe, avoir un CDI la bas c’est pas rien. Pour plus d’infos, l’emission au fond pres du radiateur a fait une serie d’emissions sur PSA avec des temoignages d’ouvriers : http://www.aufondpresduradiateur.fr/ celle du 13/03/12 explique bien la situation a Aulnay : http://www.aufondpresduradiateur.fr...

  • A 15h23. Il est bien là le problème préférer le travail à la chaine au chômage. En fait c’est comme choisir en la peste et le cholera. Quant au témoignage d’ouvriers dont "au fond du radiateur" se fait la promo ne changera en rien qu’il est bien dommage d’opposer chômage au travail alors que d’un côté comme de l’autre on se fait grave exploiter tandis que d’autres pourrissent la planète tout en s’enrichissant comme vinci par exemple soutenus par tous les larbins qui noient le poisson comme les syndicat qui font la promotion du labeur. Quittez vos chaines mentales et physique et osez imaginer une autre société une autre façon de vivre une autre organisation sociale. Et c’est pas avec les syndicats que les salariés oseront imaginer d’autres moyens d’existence.

  • Une démonstration, SVP ! 19 janvier 2013 18:40, par Vieux Sympathisant de la Gauche communiste internationaliste

    La question est : l’occupation d’usine isolée, on a déjà vu, qu’est-ce que ça a donné ?

    Réponse : rien ou pas grand-chose ; le véritable gain de la lutte, c’est toujours davantage d’unité face aux attaques, davantage de solidarité pour se défendre. Quand on est isolé dans « sa boîte », on ne peut rien faire de ce côté-là, et la bourgeoisie fait ce qu’elle veut. Les profs qui ont fait grève isolés dans « leurs » lycée ou collège en 2004 en parlent très bien. Les étudiants anti-CPE avaient cette préoccupation, les Indignés espagnols aussi. On peut aller chercher d’autres exemples : la SNCF en 1986, les infirmières en 1988, les aéroports…

    Donc, il faut sortir de l’entreprise, aller chercher la solidarité à côté de chez soi, dans d’autres entreprises où les mêmes questions se posent. Et ça n’est pas ce qui manque !

    Qu’on me cite tout exemple contraire ; 14h54 peut bien dire que je raconte n’importe quoi, encore faut-il le démontrer !

  • Une démonstration, SVP (2) 19 janvier 2013 18:46, par Vieux Sympathisant de la Gauche communiste internationaliste

    Du reste, si quelqu’un a besoin d’idées, en voici une :

    http://fr.internationalism.org/isme...

  • Non mais c’est tout bonnement incroyable et odieux. Que le chômage comme le travail soit deux formes d’oppressions et d’exploitation d’accord. Mais quand on est chômage, est-ce qu’on mange bien ? Est-ce qu’on est tranquille ? Est-ce qu’on peut prévoir de s’installer ? Est-ce qu’on peut bâtir un minimum de chose pour vivre dignement ? Tout ceal devient beaucoup plus précaire qu’en travaillant. Tout le monde n’est pas obligé de choisir le vol dans le supermarché et la vie en squat et autre forme de désertion (souvent illusoires). C’est dingue quand même d’en être à dénoncer le fait que des types préfèrent travailler que chômer, merde. Entre galérer avec des pauvres rsa, en chier toute la journée pour trouver je sais pas quoi à se foutre sous la dent, putain il est normal que certains préfèrent bosser plutôt de jouer le croisé de la révolution. On est pas tous des pénitents merde.

  • Il n’empêche que gaspiller l’essentiel de son temps et donc de sa vie à des activités vaines, voire nuisibles, et pénibles au plus au point, n’est pas un choix anodin. On ne vit qu’une fois, rappelez vous en.

  • "Gaspiller son temps" c’est très relatif. D’une part, travailler c’est connaître les rapports de force qui ont cours dans le monde du travail. Dès lors, c’est se donner les moyens de créer des liens et de combattre bien plus efficacement que lorsqu’on est "en dehors". Pas besoin de s’établir pour cela. D’autre part, dire que travailler c’est "gaspiller son temps" intégralement, c’est à nouveau schématiser la réalité et tout de même, mépriser une GROSSE partie de la population. Il y a moult travaux dans le cadre des rapports de production actuels où l’on peut, relativement, être fier de ce que l’on fait, se sentir bien, produire des belles choses. Si cela est difficilement envisageable lorsqu’on est caissier-ère, ça l’est lorsqu’on a la chance d’être ébéniste par exemple, en fait dès que l’on a une relative maîtrise de l’ensemble du procès de production et de distribution, bien que ceux-là finissent toujours pas nous échapper, on est d’accord. suite

  • suite. Mais reste que si on a pas envie de dormir à quinze dans une "zone libérée" et de s’improviser électricien ou chauffagiste de comptoir pour, de toute façon, tenir seulement quelques années et trouver une autre "zone libérée" par la suite, et si on a pas envie d’attendre le communisme pour vivre un tant soit peu dignement, alors on fait en sorte de faire un travail qui nous plaît quand c’est possible et d’y militer avec toutes les ouvertures (contact-connaissance du terrain etc.) que cela implique.

  • greve et occupation a l’usine PSA aulnay sous bois 21 janvier 2013 05:18, par Vieux Sympathisant de la Gauche communiste internationaliste

    Le problème qu’il y a derrière ce débat, c’est : le travail est aliénant, il vaut donc mieux éviter de travailler.

    D’une part, c’est le travail CAPITALISTE qui est aliénant, sinon le travail représente une activité particulière qui distingue l’homme de l’animal.

    D’autre part, considérer le travail comme la principale source d’aliénation est faux ; ce sont les rapports de production capitalistes, la société de classe qui sont aliénants, et ça, c’est présent partout autour de nous, tout le temps !

    Ajoutons que dans le capitalisme, le travail non seulement permet de vivre matériellement, comme déjà dit, mais aussi et surtout de pouvoir agir dans la société, d’être une force : il permet de discuter, de se réunir et de faire grève…

  • Il me semblait clair que l’on parlait du travail tel qu’il est dans les rapports de production capitaliste. Je ne vois pas de quoi d’autre on pourrait parler d’ailleurs.

  • greve et occupation a l’usine PSA aulnay sous bois 23 janvier 2013 10:54, par Un précaire qui considère que revendiquer l’emploi c’est revendiquer nos (...)

    Beaucoup de blabla pour pas grande chose. Je pense que cela serait plus constructif d’avoir ce débat avec les grévistes et salariés. Pour ce faire, autre que l’AG des grévistes, y a-t-il des collectifs, comités, ou autres groupes de soutient ? Est-ce que leurs Ag sont ouvertes ? Merci de votre réponse.

  • ô cher vsgci 23 janvier 2013 14:18, par interaction

    le travail représente une activité particulière qui distingue l’homme de l’animal

    l’oiseau qui chante, travaille ? et les fourmis ? et les microbes ?

    et alors ?

  • À Interaction 24 janvier 2013 05:40, par Vieux Sympathisant de la Gauche communiste internationaliste

    Les animaux ne travaillent pas : ils sont programmés pour vivre dans un environnement donné. L’homme adapte les conditions de son existence aux milieux qu’il rencontre et où il s’installe. Autrement dit : l’homme travaille parce qu’il transforme la nature en concevant au préalable cette transformation.

    Ce qui n’est pas le cas de la fourmi ou de l’abeille. Du moins aux dernières nouvelles de la science...

  • Et qui programme les animaux ? Et une abeille chinoise qui arrive en France, ne s’adapte-t-elle pas à un nouvel environnement comme un humain le ferait ?

  • Pour répondre… 25 janvier 2013 06:27, par Vieux Sympathisant de la Gauche communiste internationaliste

    D’un strict point de vue de définition, le travail est une activité consciente. Les animaux comme les abeilles n’ont aux dernières nouvelles jamais réfléchi à ce qu’ils faisaient…

    Chaque espèce animale occupe une niche écologique particulière, et si elle est adaptée à un environnement, elle peut y survivre. Les abeilles ne « s’adaptent » pas à leur environnement, c’est une vision qui sort de chez Lamarck. Darwin a réfuté ce point de vue : c’est une mutation, une transformation hasardeuse de l’espèce qui fait qu’elle survit quand son environnement change. Sinon, c’est juste que, dans l’exemple donné, l’abeille chinoise retrouve le même environnement que celui qu’elle a quitté, avec une marge de changements qui ne l’affecte pas.

    De toute façon, ça ne démontre aucunement que les animaux travaillent…

  • ô vsgci 25 janvier 2013 13:41, par interaction

    le travail est une activité consciente

    alors dormir c’est travailler ?

    non mais les animaux ne sont pas des automates programmés, leurs cultures sont construites.

  • greve et occupation a l’usine PSA aulnay sous bois 29 janvier 2013 11:58, par Koukou L’euphorie

    Je vois pas en quoi c’est donner des leçons que de questionner la revendication de l’emploi... C’est simplement justement voir les salariéEs de PSA comme des égaux/égales et non pas les prendre pour des moutons ou des imbéciles, ou alors ne les soutenir (comme le font les CNTistes dont l’ultime majorité ne sont pas ouvrierEs. Et non, être prof ou étudiantE ce n’est pas la même chose qu’être ouvrierE chez peugeot okay ?) que par simple condescendance travailliste ou ouvriériste ! Je me penses pas plus "radical" parce que je suis chômeur. C’est pas faute de l’avoir précisé. Mais à l’époque où j’étais salarié manutentionnaire, je pensais déjà ce que je pense du travail... Et donc oui, le travail pénible, je l’ai éprouvé dans ma chaire mais je vois pas ce que ça change.

  • greve et occupation a l’usine PSA aulnay sous bois 29 janvier 2013 12:07, par Koukou L’euphorie (suite)

    C’est pas faute non plus d’avoir précisé que je soutenais la grève, en dépit de certaines positions que je ne partage pas. Mais oui : le travail à la chaine est une abomination et une forme moderne d’esclavage, et "même sans la chaîne il reste le travail". C’est pas moi qui le dit, c’est un ouvrier de peugeot. Christian Corouge, 1974, dans un film des groupes medvedkine : "avec le sang des autres". Concernant les "actions", j’ai rien à proposer. Je crois en à la spontanéité et à la créativité des exploitéEs auto-organiséEs et je compte pas m’y substituer. C’est justement pour ça que je trouve génial que l’usine soit en grève. C’est pas une question "d’actions". C’est une question de fond et de perspectives, et de qui en décide : la plupart du temps les burosSss... Bref, de toute façon c’est malheureusement (encore une fois) un débat entre gauchistes illuminés adorateurs du travail et autre missionnaires syndicalistes "révolutionnaires". Alors amusez vous bien..

  • greve et occupation a l’usine PSA aulnay sous bois 30 janvier 2013 05:39, par VSGCI

    Je suis d’accord avec l’esprit des deux derniers commentaires. Le seul petit point pour moi embêtant, c’est justement de n’avoir rien à proposer d’alternatif à ce que proposent les syndicats, dont l’inféodation à l’État n’est plus à démontrer. Parce que c’est bien de croire « en la spontanéité et la créativité des exploitéEs auto-organiséEs », mais de fait ce sont les syndicats qui ont pris les choses en main, pas les salariés - à moins de considérer que les syndicats comme la CGT ou FO sont des émanations des ouvriers, ce qui va être difficile à démontrer !

    Alors, oui, il faut aider les salariés en grève à échapper aux syndicats en leur donnant réellement la direction de leurs luttes. Ce qu’ils n’ont pas pour l’instant.

    Une petite question : en quoi être salarié de l’industrie et prof ne serait pas la même chose, j’aimerais comprendre : bien sûr que ce n’est pas le même boulot, mais c’est la même condition salariée et la même exploitation...

  • greve et occupation a l’usine PSA aulnay sous bois 30 janvier 2013 17:20, par Koukou L’euphorie 1

    Okay, et bien si j’étais à leur place (même si je ne le suis pas), je pense que je ferai la même chose que dans les autres luttes auxquelles je participe, c’est à dire de prôner l’offensive, l’auto-organisation, le refus de toute médiation syndicale ou politique, le refus de la négociation, le soutien et la solidarité, et de se poser collectivement la question des perspectives révolutionnaires et anti-autoritaires et surtout de comment on les inscrit dans l’immédiat et dans la réalité ici et maintenant. Conséquemment je peux pas te répondre en parlant de programmes ou disant précisément ce "qu’on doit faire" parce que j’ai pas de réponse individuelle et que ça m’intéresse pas de jouer au missionnaire. Pour moi c’est aussi pas une question de "direction la lutte" mais justement qu’elle ne devrait pas être "dirigée" mais menée par tout-es ceux/celles qui y participent, sans que personne ne la dirige : ni délégués ni syndicat.

  • greve et occupation a l’usine PSA aulnay sous bois 30 janvier 2013 17:24, par Koukou L’euphorie 2

    C’est pas des positions faciles à porter et c’est pas forcément évident. Après concernant les revendications, j’aurai tendance à dire qu’elles sont toujours l’anti-chambre de la fin d’une lutte, mais que quitte à demander quelque chose, autant demander du fric, des indemnités sur plusieurs années (le salaire sans la peine) et/ou casser l’usine ou s’attaquer au capital de la direction (de toutes les façons possibles), mais que ça m’intéresse pas de formuler des revendications qui perpétuent le travail à la chaine et le salariat. A la rigueur justement, c’est ce qui se passe de plus intéressant dans cette lutte : l’occupation et la dégradation des chaines de montage. C’est d’ailleurs pour ça la CGT est entrain de les lâcher : "l’outil de travail est sacré", principe stalinien de base. Même lorsque c’est un instrument de torture. Peut être que nos perspectives devraient s’intéresser à ce qu’indique déjà la manière dont les ouvriers se révoltent.

  • greve et occupation a l’usine PSA aulnay sous bois 30 janvier 2013 17:35, par Koukou L’euphorie 3

    Enfin, concernant les profs il me semble qu’il y a une différence qualitative entre un ouvrier chez peugeot et un prof. Le premier est un prolo de base qui ne possède à priori aucun capital. Le second bénéficie en général d’un meilleur salaire mais surtout d’une certaine sécurité de l’emploi, d’une certaine forme de prestige intellectuel et donc d’un capital culturel beaucoup plus important. En outre ils ont une ascendance et une autorité sur leurs élèves. Conséquemment, même si les deux sont des exploités, ils ne vivent pas la même situation, ne sont pas confrontés aux mêmes problèmes, ne seront pas aussi abimés par le travail ou pas de la même manière, et sont aux prises avec des antagonismes sociaux qui me semblent différents. C’est malheureux à dire, mais les profs sont en général moins enclins à "aller au carton" parce qu’ils ont plus à perdre et ont en général plus de foi en l’esprit démocratique.

  • Sortir les profs de la catégorie prolétaire a pour conséquence de nous faire croire qu’il existe une grande classe moyenne, intermédiaire, au niveau de vie plutôt confortable et donc, nécessairement, que les contradictions entre les classes peuvent se résoudre sous le capitalisme. Les plus pauvres ne seraient qu’une minorité et leur situation précaire ne serait dû qu’à leur manque d’entrain au travail.

    Et puis, en dix ans, on a vu plus de manif de prof ou d’ouvrier ?

  • Une vision un peu simpliste... 3 février 2013 07:00

    Je crains que la vision des profs de Koukou ne soit qu’une image d’Epinal. Je suis d’accord avec ce qu’écrit 18h18.

    La question du « capital intellectuel » est une ineptie. La bourgeoisie a dû apprendre à lire aux ouvriers parce que la production l’exigeait. Ça n’est pas un choix des exploités d’être instruits, c’est juste que la société ne peut fonctionner avec des analphabètes.

    Quant à la « sécurité de l’emploi », elle est illusoire, et ce ne sont JAMAIS les ouvriers les plus précaires qui sont les plus combatifs !

    Il faut demander à Koukou ce qui lui « semble » différent dans les antagonismes sociaux auxquels profs et ouvriers sont confrontés…

    Et pendant les manifs contre la réforme des retraites, les seuls à avoir contesté la mainmise syndicale dans des AG ouvertes à tous, ce sont les profs ! Pas les ouvriers d’Aulnay…

  • greve et occupation a l’usine PSA aulnay sous bois 5 février 2013 21:43, par koukou 1

    Je n’ai pas parlé de "capital intellectuel", mais de capital culturel. Et je vois pas en quoi c’est une inéptie (affirmer c’est bien, argumenter c’est mieux). Le rapport savoir-pouvoir c’est une réalité (ça en plus de l’autoritarisme des profs inhérent à leur position sociale : les ouvriers de peugeots ne dirigent personne... Refuser de voir ça c’est se mettre des oeillères. Je dis pas que les profs sont "pas des salariés comme les autres", juste que certains boulots reflètent des différences au sein de la classe : point barre). D’autant plus quand le contenu du savoir est idéologiquement bourgeois : ce qui est le cas de l’essentiel de ce qu’on apprend aux élèves dans "l’educ nat", en plus de la morale citoyenniste et démocrate qui imprègne tout ce savoir et justifie les classes et l’Etat. Ce que tu dis sur les AG du mouvement des retraites ne prouve rien...

  • greve et occupation a l’usine PSA aulnay sous bois 5 février 2013 21:50, par koukou 2

    C’est pas parce qu’à un moment donné il y a des dépassements chez des gens en lutte (ce qui est tant mieux) que ça nie la réalité quotidienne "hors mouvement". ça veut seulement dire qu’il n’y a pas qu’un lien de causalité entre la condition sociale et la lutte. La contradiction c’est pas "juste" les exploitéEs, mais ceux et celles qui se révoltent et qui luttent. Mais tu peux pas repousser d’un revers de main la critique je formule dans les précédents commentaires en me lançant seulement que des profs pendant un mouvement ont fait ci ou ça : à moins de donner dans la généralité et les constats à l’emporte pièce. J’ai travaillé dans l’éducation nationale, donc mon analyse est aussi le fruit de mon vécu. Dire que les profs titulaires partagent exactement la même condition que les ouvriers est juste faux... Et je me méfie précisément de la vision de l’image d’Epinal du prolo que certains cultivent justement (qu’elle intègre ou non les profs).

  • greve et occupation a l’usine PSA aulnay sous bois 5 février 2013 22:01, par koukou 3

    18h18 : Mais enfin tu te rend comptes que l’absurdité de ce que tu dis ? Qu’est-ce que ça prouve au juste ? Que les profs sont plus révolutionnaires parce qu’ils font plus de manifs ? ... Tu me fait dire ce que je n’ai pas dit. J’ai pas parlé de "grande classe moyenne". Tu délires. Oui il y a des contradictions et des intermèdes au sein des classes : l’accepter c’est refuser de se voiler la face et le mensonge de "l’unité de classe" qui n’existe pas et est un fantasme de stal et de réformistes. Je ne dis pas que le profs "ne sont pas des prolos", mais constituent pour une partie au moins une sorte d’aristocratie ouvrière avec une mentalité de merde. Voilà ce que je dis. C’est tout... ça empêche pas que certains profs soient des révolutionnaires. Mais c’est pas parce qu’on est "de ceux/celles qui font le plus bastille-nation" de l’année dans le cortège CGT parfum merguez-oignon ou votent à gauche que ça change quoi que ce soit au schmilblick...

  • Pour répondre à Koukou (1) 14 février 2013 21:09

    Il y a un argument derrière l’ineptie du « capital culturel » : TOUS les exploités sont aujourd’hui plus instruits qu’il y a un siècle, c’est le Capital qui a mis ça en place. Le capital, c’est une accumulation de forces productives, ça concerne les exploiteurs. Les exploités n’ont pas de capital, par définition ! Et les exploités instruits sont aussi plus ouverts aux idées révolutionnaires. Ça s’est historiquement toujours vérifié.

    Quant au « pouvoir » des profs, en faire un argument politique de « différence » entre exploités ne tient pas une seconde la route. Les profs ne dirigent personne, ils n’ont de toute façon pas d’autre choix que de faire ce que leur hiérarchie leur dit de faire, exactement comme d’autres ouvriers. Sinon on peut parler du « pouvoir » des infirmières sur leurs patients, ou du « pouvoir » des fonctionnaires du fisc sur les contribuables. Vu ce qu’ils sont payés, ils seront ravis de savoir qu’ils ont du « pouvoir ».

  • Pour répondre à Koukou (2) 14 février 2013 21:11

    Il vaut mieux ne pas faire soi-même ce qu’on reproche aux autres : il y a des profs et des instits très radicaux, on le retrouve dans les AG quand il y en a. Et il y a des profs et des instits très marqués par la petite-bourgeoisie, démocrates, de Gôche, ça existe aussi. L’argument individuel n’a aucune valeur, on retrouvera la même chose dans n’importe quelle boîte, Peugeot y compris. L’important est ce qu’il se passe dans les luttes ; et pour l’instant, les syndicats, principaux saboteurs des luttes, font ce qu’ils veulent chez Peugeot, ce qui n’est pas le cas dans l’Educ’Nat. Je le sais, j’ai participé aux dernières AG de profs et d’instits.

  • Pour répondre à Koukou (3) 14 février 2013 21:12

    En ce qui concerne « l’aristocratie ouvrière », c’est une idée de Lénine, et elle était déjà critiquée à l’époque où elle a été émise, surtout qu’il a parlé de ça pour essayer d’expliquer la faillite de la Seconde Internationale face à la guerre, ce qui n’explique pas grand-chose. La séparation totalement artificielle entre travailleurs manuels et intellectuels est une invention stalinienne. La « mentalité » dont tu parles est plus que répandue partout : c’est l’idéologie démocratique, celle de l’État. Et c’est normal qu’elle soit répandue : dans une société de classe, l’idéologie dominante est celle de la classe dominante.

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