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Turquie Après la libération des camarades, le combat continue

lundi 31 décembre 2012
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« Modèle pour la Tunisie et l’Egypte », « allié potentiel contre la Syrie », la Turquie est au centre des attentions des médias occidentaux. Il y a quelques années, la Turquie, c’était le grand méchant loup qu’il ne fallait pas accepter dans l’Union Européenne, « parce que la Turquie ne fait pas partie de l’Europe » (version manuel de géographie du 19ème siècle), « parce que l’Europe est chrétienne » (version franchement facho), « parce que la Turquie ne respecte pas les droits de l’homme » (version gentiment de gauche mais point trop n’en faut…). Que s’est-il passé entre temps ? La Turquie a-t-elle viré « paradis sur terre » ?! Non, la crise est passée par là : l’agrandissement de l’UE n’est plus à l’ordre du jour (il s’agit plutôt d’éviter l’explosion) et l’urgence sociale concerne tous les pays, y compris les plus riches.

En réalité, alors que les grands médias français vantaient les mérites de la démocratie turque et de son « islamisme modéré » comme un modèle pour les régimes à construire après les soulèvements populaires d’Egypte et de Tunisie, la réalité est tout autre. L’AKP au pouvoir est un parti apprécié des pays occidentaux pour son libéralisme économique. En même temps, c’est aussi un parti conservateur qui menace les droits des femmes, des kurdes et des minorités ethniques et religieuses (halevis notamment) ou des minorités sexuelles (LGBTT). Même s’il se revendique d’un Islam politique, l’AKP satisfait largement les attentes des politicien-ne-s au pouvoir en Europe et en Amérique du Nord parce qu’il protège les intérêts économiques et militaires de ces puissances dans la région. Et puis, entre conservateurs, on s’entend bien, quelque soit la couleur de son drapeau !

A l’occasion du premier mai dernier, un cortège anarchiste s’était constitué pour afficher un refus radical des politiques étatiques et capitalistes et leur opposer la recherche de l’égalité économique et sociale, de la liberté et la pratique de la solidarité de classe. A cette occasion, quelques vitrines de banques et de multinationales ont volé en éclats. La réponse de l’Etat a été immédiate et complètement disproportionnée : plusieurs lieux alternatifs ont été perquisitionnés et saccagés, 60 personnes ont été arrêtées et, suite à cela, 15 d’entre elles (dont 6 qui ne sont même pas d’Istanbul !) ont été emprisonnées sous couvert de la législation anti-terroriste (comme preuve ? Un livre de Kropotkine, théoricien anarchiste, retrouvé à leur domicile !). Ils et elles ont passé plus de trois mois dans des conditions d’enfermement déplorables (isolement, conflits, surpopulation et manques de lits, non-respect des régimes alimentaires). Depuis l’intérieur, ils et elles ont continué à se battre collectivement, notamment avec une grève de la faim qui leur a permis d’améliorer leurs conditions de détention.

La mobilisation s’est également organisée à l’extérieur, avec leurs soutiens. A Istanbul, un collectif s’est chargé de transmettre les informations aux anarchistes du monde entier et aux stambouliotes, de récolter de l’argent et d’organiser des manifestations autour des prisons. Des actions de solidarité ont également eu lieu partout dans le monde, notamment en Allemagne, en Suisse et en France (trois rassemblements, à l’initiative de la CGA ont eu lieu à Lyon, Lille et Paris). A Paris, une manifestation d’une centaine de personnes s’est rendue devant l’ambassade de Turquie pour crier sa colère et défendre la libération et la relaxe des anarchistes et de tous les prisonniers politiques. C’est grâce à cette mobilisation des enfermé-e-s et de leurs soutiens qu’ils ont pu être libéré-e-s le 17 août. L’accusation ridicule de terrorisme est tombée mais 9 d’entre eux ont un déjà une date de procès (le 25 janvier 2013) pour dégradations de bien publics.

Le combat n’est donc pas terminé. Il faut organiser la solidarité pour payer les frais de la répression (avocats, peines éventuelles etc.). Il faut soutenir les camarades qui ont subi des pressions visant à les empêcher de s’exprimer et de reprendre leurs activités politiques. Il faut également continuer le combat contre la répression en général, d’autant qu’il reste encore des milliers d’opposant-e-s (kurdes, étudiant-e-s, communistes, féministes…) qui croupissent dans les geôles turques. L’État turc continue de mener une politique de terrorisme d’État, comme en témoigne le massacre perpétré à Roboski le 28 décembre 2011, au cours duquel 34 personnes dont 19 enfants ont été tuées lors d’un bombardement. Les militant-e-s sont emprisonné-e-s, torturé-e-s, agressé-e-s physiquement par des nervis fascistes manipulés par l’État turc ou par les forces de répression.

Face à cela, au-delà des frontières, la solidarité est notre arme !

Groupe de la région parisienne

http://www.ainfos.ca/fr/ainfos09771.html

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