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Assaut de la police contre le squat ’Villa Amalias’ en Grèce

dimanche 23 décembre 2012
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Le 20 Décembre 2012 la police a défoncé la porte de la Villa Amalia après qu’un appel de dénonciation l’ait accusé d’être un terrain de deal. En présence d’un procureur les policiers ont procédé à une fouille minutieuse. Et ils n’ont rien trouvé. Malgré cela le ministre de l’ordre publique et de la protection du citoyen a déclaré que leurs diverses trouvailles montrent que la Villa Amalia a été pendant 22 ans un centre-laboratoire de l’anomie et que la loi tant voulue par le premier ministre Antonis Samara est enfin appliquée. Par quelle logique acrobatique une collection de bouteilles de bière vides peut-elle être considérée comme un stock en vue de la fabrication de cocktails Molotov ? Est-il si extraordinaire que dans un lieu accueillant un café et des concerts il puisse se trouver un si grand nombre de bouteilles vides ? Que signifie matière inflammable ? Peut-être s’agit-il des produits nettoyants de la presse de l’imprimerie qui fonctionne dans le squat ? Parlons aussi des nombreux masques a gaz trouvés que chaque manifestant qui respecte sa santé se doit de porter. Et du matos d’autodéfense (pétards, lance-pierres…) dans un lieu qui fait l’objet d’attaques récurrentes de la part de groupes fascistes paraétatiques (incendies criminels, attaques a l’arme blanche, tentatives de lynchages). Par exemple en 2008, juste après que le ministre de l’ordre public Markoyiannakis ai rendu visite aux habitants nous avons subi une attaque.

Donc, avec pour prétexte la recherche de drogue, ils ont fouillé le squat et ainsi réalisé l’un de leur plus beau rêve : pénétrer dans un lieu qui est pour eux le symbole de tout ce qu’ils tiennent pour ennemi. C’est-a-dire un lieu qui représente ceux qui luttent contre la domination, la soumission, l’aseptisation, l’indifférence, l’abdication et qui ont raison de le faire. Nous en sommes. Nous et les milliers de manifestants, de militants, de squatteurs, de chômeurs et de frondeurs de la rue. Nous sommes les clochards, les sans-foyers, les punks et les racailles, les travailleurs, les végétariens et les féministes, ceux qui vivent la nuit, les pauvres et tous ceux qui sont victimes de l’injustice, du racisme, ceux qui se vengent de l’injustice. Le ministre nous appelle nid d’anomie… Et maintenant si nous parlions sérieusement.

La Villa Amalia est une tentative d’organisation qui au temps des plans cannibales d’austérité se devait de lutter. L’attaque du Capital envers le monde du travail présuppose que celui-ci s’en prenne à ses bases. L’attaque a pour but le démantèlement des acquis sociaux et des syndicats, de n’importe quelle structure de solidarité et de désobéissance ainsi que de celles des tentatives d’auto-organisation. Le climat d’extrême-droite qui s’est imposée depuis le début de la crise et qui a commencé avec les déclarations cyniques explosives du ministre de la santé Loverdos contre des grévistes de la faim disant que leur lutte était mauvaise pour leur sante… Il s’est poursuivi avec pour cible privilégiée les immigrés (le no man’s land le long du fleuve Evros à la frontière nord-est avec la Turquie, les camps de concentration, les méthodes gestapistes de la police et les arrestations arbitraires dans les rues du centre d’Athènes), la ridiculisation des « séropositifs-accros », le concours béni de la violence des groupes d’extrême-droite contre les immigrés, les homosexuels et les vendeurs à la sauvette. La torture dans les commissariats des antifascistes participant à la manif à moto de Gada, les attaques contre les squats, la répression violente de toute revendication sociale ne laisse aucun doute sur le fait que l’adversaire consolide ses positions contre lesquelles nous nous devons de résister.

Nous sommes là depuis 22 ans dans un immeuble qui avait été abandonné depuis des décennies. Nous le tenons et nous lui donnons vie. Nous sommes un squat qui a toujours ses portes ouvertes aux groupes, aux personnes et aux tentatives qui promeuvent la culture anti-marchande, la dignité humaine, les luttes sociales, antifascistes et la lutte de classe. La Villa Amalia bataille sérieusement afin de protéger les désirs, les rêves et les espoirs pour une vie plus libre pour tous.

Nous appelons tous ceux qui ont mis une part d’eux-mêmes dans le fonctionnement du squat depuis longtemps pour qu’ils participent avec nous à cette bataille difficile.

Dans ce bordel, les bourreaux-Don Quichotte passent à l’attaque mais en réalité ils chassent des idées. Pour eux, elles sont anomiques. Ils chassent des Chimères et vont avoir des cauchemars. LIBERATION IMMEDIATE DES SQUATTEURS DE LA VILLA AMALIA !

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