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Gaza : nécessité de la lutte prolétarienne internationale

mercredi 28 novembre 2012
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L’impérialisme ne connaît que des trêves entre les guerres. Seule la révolution prolétarienne internationale pourra apporter la paix au monde ! Après 8 jours de bombardements aériens, navals et terrestres sur la bande de Gaza, une « trêve » a été conclue entre Israël, le Hamas et les autres organisations de résistance palestinienne sous l’égide de l’Egypte.

Durant ces 8 jours où l’aviation israélienne a effectué 1350 raids, les bombardements ont causé la mort de 156 personnes ; outre les victimes des « assassinats ciblés » on compte parmi les victimes 103 civils dont 33 enfants, 13 femmes et 3 journalistes ( un immeuble abritant des journalistes ayant été visé par l’armée israélienne qui voulait arrêter les émissions d’une chaîne de télévision ), et faisant un millier de blessés dont 971 civils, parmi lesquels 247 enfants, 162 femmes, 12 journalistes. Pendant cette même période la répression israélienne contre les manifestations de protestation en Cisjordanie a fait 2 morts et plus de cent blessés tandis que 76 palestiniens étaient emmenés dans les prisons israéliennes (1).

Du côté israélien, on dénombre 5 morts : les fameux missiles lancés par le Hamas ou d’autres groupes n’ont aucune valeur militaire, mais seulement une valeur « psychologique » étant donné que, non guidés, ils tombent au hasard (une partie retombant même à Gaza).

Cette liste macabre démontre le caractère essentiellement terroriste de l’action israélienne qui visait à intimider en général la population locale et en particulier la force principale qui dirige le territoire, le Hamas : il s’agissait, non pas de détruire son pouvoir, mais de lui faire comprendre qu’il ne peut être toléré par Israël (et les parrains impérialistes de celui-ci) que dans la mesure où il réussit à empêcher toute action contre le territoire israélien ; autrement dit dans la mesure où il réussit à être un efficace maton de cette gigantesque prison à ciel ouvert que constitue la bande de Gaza (rappelons que selon un accord avec Israël qui reste intégralement en vigueur, l’Egypte du Frère Musulman Morsi continue toujours à fermer hermétiquement les frontières de Gaza !).

L’attaque israélienne a reçu le soutien, explicite ou implicite, des grands pays impérialistes, à commencer par celui des Etats-Unis, mais également des Etats Européens, au nom du « droit d’Israël à se défendre » ; quant au droit des Palestiniens à se défendre et à résister, ce n’est pour l’impérialisme qu’une revendication « terroriste » : sous le capitalisme, les opprimés, qu’il s’agisse de populations en butte au colonialisme ou à l’oppression coloniale, ou de prolétaires exploités, n’ont qu’un « droit », celui d’accepter leur sort et de respecter l’ordre établi ! L’Etat israélien est depuis sa création le gendarme de l’impérialisme dans la région , c’est la raison pour laquelle les grandes puissances, n’hésitent pas à lui passer tous ses caprices colonialistes et toutes ses violations des accords diplomatiques : on ne demande pas à un homme de main de respecter le code des bonnes manières !

Aujourd’hui ce rôle d’Israël est encore plus irremplaçable dans une situation ou la disparition d’anciens régimes inféodés à l’impérialisme et la persistance de troubles dans d’autres sont des facteurs d’incertitudes pour l’ordre impérialiste. Les démocrates qui s’imaginent faire obstacle aux exactions de l’Etat israélien en s’adressant à l’ONU ou aux grands Etats pour faire respecter le droit international se trompent lourdement : sous le capitalisme la force prime le droit, comme d’ailleurs le démontre dès le premier jour toute l’histoire d’Israël.

Etat colonial, il a étendu son territoire au détriment des Palestiniens au fil des guerres gagnées par sa force militaire et le soutien des grandes puissances. Les soi-disant « accords » ou « processus » de paix signés depuis des années n’ont pas arrêté le processus de colonisation qui après un « moratoire », ont repris en 2011 en violation des résolutions de l’ONU exigeant son arrêt ; ces accords ont seulement signifié la capitulation sous la pression impérialiste des différentes organisations palestiniennes. Début novembre le gouvernement israélien décidait une nouvelle fois d’accélérer la colonisation et il lançait un appel d’offres pour la construction de plus d’un millier de logements dans des colonies juives dans la partie arabe de Jérusalem, ainsi que d’autres en Cisjordanie (2).

Il y a aujourd’hui plus de 340 000 colons israéliens en Cisjordanie et près de 200 000 dans Jérusalem annexée ; cela ne représente qu’une petite fraction de la population arabe, mais ces colons sont regroupés dans un système de colonies quadrillant le territoire et reliées entre elles par des « routes stratégiques » élaboré de façon à rendre quasiment impossible toute éventuelle indépendance de la Cisjordanie.

La répression permanente pour plier les Palestiniens à l’ordre colonial a pour effet de remplir les prisons israéliennes de détenus qui peuvent y croupir indéfiniment, la « rétention administrative » permettant de maintenir tout suspect en prison pour 6 mois renouvelables indéfiniment.

Au printemps une longue grève de la faim de 1600 prisonniers palestiniens contre le régime d’exception auquel ils sont soumis a été couronnée de succès : levée des sanctions, fin de l’isolement carcéral, autorisation des visites pour les prisonniers originaires de Gaza (suspendues depuis 2006), promesse de libération à l’issue de leur peine, contre l’engagement de ne pas se livrer à des « actes terroristes » en prison.

Mais ce recul des autorités israéliennes devant la menace d’explosion dans les prisons ne signifiait pas qu’ils s’étaient convaincus de traiter les prisonniers Palestiniens comme des citoyens ordinaires. S’il en fallait une preuve, elle a été donnée par un rapport de juristes anglais publié fin juin par le ministère des Affaires étrangères britanniques sur « les enfants palestiniens en détention militaire ». Le rapport parle de tortures infligées aux enfants prisonniers qui étaient au nombre de plus de 200 en mai ; de 500 à 700 sont emmenés en prison chaque année en Cisjordanie par l’armée israélienne ; ils peuvent être maintenus arbitrairement en détention sans inculpation pendant plus de 6 mois, etc. (3). Un autre rapport , celui-là sur les prisonniers adultes, publié le 25 juin indiquait que 100% d’entre eux souffraient de « mauvais traitements » ou de tortures sous diverses formes (4).

Tout ceci n’est que l’un des aspects de l’oppression quotidienne subie par les Palestiniens, oppression qui n’émeut pas les dirigeants de nos démocraties impérialistes, pourtant si prompts à donner des leçons sur les droits de l’homme, mais quand cela coïncide avec leurs intérêts. L’Union Européenne, qui est le plus grand importateur de marchandises israéliennes, multiplie ainsi les accords d’association économique avec Israël (5) : quelle importance peut bien avoir l’oppression des populations palestiniennes face à de juteuses perspectives commerciales ?

Le Hamas a salué l’accord de trêve avec Israël comme étant une « victoire », et c’en est effectivement une pour ce parti qui pour la première fois a été presque ouvertement reconnu au plan international comme le responsable légitime de l’ordre à Gaza.

Mais ce n’est en rien une défaite d’Israël, qui pour bien faire comprendre qu’il n’a pas les mains liées, a effectué des rafles en Cisjordanie les 22 et 23 novembre, arrêtant plus de 80 personnes dont 7 députés du Hamas.

Mais surtout ce n’est pas une victoire pour les masses opprimées de la bande de Gaza .

D’une part il ne s’agit que d’une « trêve » et l’Etat israélien a fait une fois de plus la démonstration qu’il pouvait impunément y massacrer et détruire quand ils le décidait, pour arriver à ses fins : l e rideau de fumée des accords de paix s’est dissipé depuis longtemps sous les bombes israéliennes ; d’autre part le Hamas, auréolé de sa « résistance » et du nombre de ses « martyrs » va redoubler d’effort non seulement pour empêcher toute attaque contre Israël, mais aussi pour faire régner un ordre bourgeois particulièrement réactionnaire.

Massacrés par l’ennemi israélien, les opprimés palestiniens seront réprimés par leurs « frères » qui ont signé la trêve avec celui-ci et exploités par les capitalistes locaux qui pourraient éventuellement se développer avec les capitaux promis par le Quatar : l’enfer où ils se trouvent est un enfer capitaliste dont les prolétaires sont toujours les victimes. Ni l’Egypte ni l’Iran, ni aucun Etat bourgeois ne viendront à leur aide. Tant que l’ordre impérialiste ne sera pas abattu, tant que durera le capitalisme l’oppression et l’exploitation des prolétaires n’auront pas de fin. La situation des masses opprimées de Palestine ne serait en rien changée par une reconnaissance internationale d’un Etat Palestinien comme y aspire l’« Autorité Palestinienne » , misérable larbin vendu à l’impérialisme et méprisé par lui : même si Israël et l’impérialisme l’acceptait, ce ne serait qu’un bagne capitaliste particulièrement féroce et perpétuellement sous la menace de l’Etat sioniste.

Il ne peut y avoir de « paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens » comme le demandent les démocrates qui « oublient » l’existence des Etats, tant que subsistera l’oppression sur laquelle ils sont fondés et dont ils ont la fonction de défendre (6) Seul un bouleversement révolutionnaire de toute la région, renversant tous les Etats bourgeois et unissant les prolétaires de toute nationalité et religion pour faire disparaître cette oppression, pourra mettre fin à l’interminable calvaire des masses palestiniennes, comme à celui de tous les opprimés du Moyen-Orient.

Aussi éloignée que semble cette perspective qui s’inscrit dans le cadre d e la révolution communiste internationale , elle est infiniment plus réaliste que celle, tentée sans succès depuis des décennies, des négociations et des appels à la bonne volonté de l’Etat israélien et des Etats impérialistes et qui n’a apporté qu’une dégradation continuelle de la situation des masses, même si elle a permis à une couche de bourgeois palestiniens de vivre de l’exploitation de leurs prolétaires.

Les prolétaires des pays impérialismes portent la plus grande responsabilité de la situation bestiale dans la quelle se trouvent les Palestiniens, puisque c’est d’eux, de leur capacité à se lancer dans la lutte contre le capitalisme , que dépend le sort des prolétaires et des masses écrasées par « leur » capitalisme et ses alliés. Sans l’appui des grands Etats impérialistes, l’Etat israélien aurait les plus grandes difficultés pour continuer ses crimes et pour résister aux luttes qu’ils suscitent. Il n’existe donc pas de meilleure et plus efficace solidarité avec les prolétaires et les masses palestiniennes opprimées que la reprise de la lutte de classe dans les métropoles impérialistes.

A bas le massacre, l’oppression et la répression des masses palestiniennes ! Pour la reprise de la lutte de classe dans les métropoles impérialistes ! Vive l’union internationale des prolétaires ! Vive la lutte de classe révolutionnaire contre le capitalisme et l’impérialisme mondial !

(1) Liste établie par le Centre Palestinien des Droits de l’Homme, qui énumère aussi la liste des établissements détruits comme des institutions de santé, des écoles, etc. Cf http://www.pchrgaza.org/portal/en/i...

(2) http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2...

(3) http://www.childreninmilitarycustod... . Souvent arrêtés en pleine nuit, certains sont enchaînés, privés de sommeil et de nourriture, etc. Le porte-parole de l’ambassade d’Israël à Londres expliqua que c’était la faute de l’autorité Palestinienne qui ne les empêchait pas de commettre des délits, obligeant les Israéliens d’agir de la sorte...

(4) http://english.wafa.ps/index.php?ac... 95% avaient été battus, 63% avaient reçu des coups sur les parties génitales, etc.

(5) Le parlement européen a voté fin octobre un accord de libre échange de produits pharmaceutiques avec Israël dans le cadre de l’accord d’association avec ce pays. Or l’industrie pharmaceutique israélienne est particulièrement impliquée dans l’occupation des territoires palestiniens qui constituent un marché réservé à ses produits par décision des autorités qui interdisent en particulier l’entrée de produits génériques moins chers qui leur ferait concurrence ; l’accord avec l’Union Européenne permettrait aux produits européens de pénétrer ce marché... Cf http://www.huffingtonpost.co.uk/raf...

(6) Voir l’appel du « Collectif National pour une paix juste et durable entre Palestiniens et Israéliens » Mais la question n’est pas celle de la paix entre deux peuples, mais celle des rapports entre un Etat colonial et ceux qu’il opprime. Peut-il y avoir une « paix juste et durable » entre les deux ?

Parti Communiste International

www.pcint.org

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