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INCENDO veut-il (juste) "détruire les (autres) hommes (et surtout) les femmes" ?

vendredi 23 novembre 2012
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Un livre douteux : INCENDO spécial « Genres & classes »

Ce qui suit mérite je crois d’être diffusé, car on trouve des publicités pour un numéro "INCENDO genres & classes" sur de nombreux sites militants et depuis peu dans des librairies - kiosques. Même si cet ouvrage pourrait paraitre à priori intéressant, il semble cacher un bien triste jeu, et casse bien du sucre sur le dos des Anarchistes, des bourgeoises, de la "déconstruction" (bref, de tout le monde sauf INCENDO). En bref, sous couvert d’une "synthèse des réflexions" INCENDO hait les femmes, insulte tous ceux qui n’adhèrent pas à la "Communisation".

Pour se faire un avis, voir la version gratuite : http://incendo.noblogs.org/post/201...

En bref, sous couvert d’une "synthèse des réflexions" INCENDO hait les femmes, insulte tous cellux qui n’adhèrent pas à sa "Communisation". Ce type de position est souvent qualifié de "masculinisme", dont une définition courante est "qui ne considère que le point de vue masculin". C’est le cas d’INCENDO qui est "andocentré" et "hétérocenté" selon l’avis de féministes l’ayant lu.

Ainsi son titre, pour faire simple "sexe et d’argent" (puisque selon INCENDO les "classes" ne seraient QUE économiques), les oublis de INCENDO sont au moins aussi parlants que ses articles. A cet égard, la pesée du glossaire (27 entrées, 1 = nulle + 11 plus ou moins genres + 15 économie-communisme) indique bien de quoi INCENDO veut parler. D’économie, point-barre. La question des genres n’est qu’un paravent, un faire valoir, voire un baume de bonne conscience.

Sur la haine d’INCENDO, l’article de "synthèse" use de généralisations à l’emporte pièce, sans jamais balayer devant sa porte. Ainsi, on lit http://incendo.noblogs.org/genreset... ... pour les anarchistes "...c’est le déni qui domine...Dans ce désert, tant pratique que théorique... les conceptions des anarchistes n’ont finalement que peu évolué, alors que l’apparition et la diffusion de la théorie des genres auraient dû provoquer un regain de réflexion." Puis INCENDO continue avec "Pour les anarchistes, il n’y a généralement pas de question féminine en soi, puisque celle-ci est englobée dans le problème plus général de la libération humaine. » INCENDO enfonce alors le clou « Néanmoins, le fort décalage entre la théorie et les pratiques des militants anarchistes est particulièrement frappant (des Milieux libres à la Révolution espagnole) ; la misogynie affichée de certains théoriciens (Proudhon en tête) n’y est sans doute pas pour rien."

Autre exemple cette phrase dans l’illustration de l’une des premières pages : "l’inéluctable marche des femmes prolo vers le communisme…un terrain glissant pour les bourgeoises". Au paradis d’INCENDO ne s’applique pas l’adage anarchiste : "si l’innocent a besoin d’aide, alors le coupable encore plus" ?

Ce qui pourrait être rigolo, si INCENDO n’était pas si triste, c’est cette manière systématique de dénoncer chez les autres, EXACTEMENT tout ce qu’INCENDO fait et dit. Vaguement évoquer les violences faites aux femmes, une fois tous les lustres, comme « la presse bourgeoise ». Mettre en avant des images de femmes selon son propre goût, comme les affiches des partis éligibles ou de syndicats institutionnels. Etaler sa bonne pensée féministe, comme certains « pro-féministes ». Ne parler et ne penser qu’à l’argent, comme les patrons ou les représentants d’état. Considérer passéiste tel terme comme « patriarcat », mais répéter à vau-l’eau de vielles rengaines comme « prolétaires » (qui excluent notamment les jeunes personnes, les handicapés bénéficiaires de pensions, etc.) Un florilège…

"INCENDO écrit comme si on était encore en 1970. Et ça, c’est...Bizarre ! Ils et elles sont comme un conservatoire où auraient été préservés les thèmes et les conflits des années 70. Ce qu’on voit, qui suinte comme de la sueur, c’est le déni que l’oppression des femmes soit politique, et le refus que les femmes mènent une lutte autonome et sans les hommes. Bien visibles dans des phrases tautologiques comme : "les genres ne sont pas des classes...mais des genres !" Alors même que l’analyse de l’exploitation économique des femmes (analyse documentée dans leur historique, certes partial et biaisé, mais pas complètement faux) a précédé la notion de genre, qui n’aurait pas pu émerger sans cette analyse, et qu’ils ne pourraient donc pas utiliser... La production d’INCENDO est en même temps difficilement datable, même au carbone 14, en raison de l’hétérogénéité du vocabulaire, par exemple "genre" dans une analyse dont l’idéologie se situe avant l’émergence de ce concept... Ma première réaction me rappelle les années 1970 et qu’il y a des marxistes orthodoxes, c’est-à-dire bornés."

Autre perle, le glossaire vaut son pesant de (mauvaises) cacahuètes, notamment sur le "pro-féminisme" qui est pris tout dans le même sac, avec un "Bref, l’essentialisme est, avec le pro-féminisme, le pire produit du sexisme". Très fin : dire qu’il a fallu de 2007 à 2012 pour en arriver là.

Mais en fait, pour INCENDO la réponse est posée AVANT la question : obsédée par ses connaissances techniques (on se demande ce que les véritables "leçons de mathématiques » économétriques font dans un spécial genre et classes ?) INCENDO ne fait que vendre un raisonnement binaire et excluant : "UN seul mal sur terre = le capital UNE seule solution = la communisation.

la "Définition pro-féministe : homme [...selon une Définition féministe serait une ] excroissance cancéreuse du féminisme, homme qui a mieux compris le sexisme que les féministes, et qui a surtout bien compris que, pour se taper des féministes, il valait mieux s’écraser un peu (en société)" ou en "Note entomologique : le pro-féministe peut aller jusqu’à une vénération/exaltation du féminin qui confère à l’essentialisme (ou du moins à la connerie).. ". Encore une fois, INCENDO est fort brillant et n’aide pas la sacro-sainte "convergence des luttes" si chère aux communisateurEs.

On retrouve dans INCENDO tous les vieux arguments injustement critiques à l’égard des femmes (ce "spécial genre" est par ailleurs très hétéro-normé et binaire H vs F) matraqués depuis les années 1960 par les "purs communistes gaulois" dont Alzon et sa tristement célèbre "Femme boniche Femme potiche" (vertement critiqué par C. Delphy), qui est d’ailleurs cité en tête de la bibliographie très sélective d’INCENDO.

Mieux vaut rire d’INCENDO qu’en pleurer, de l’avis de certaines féministes : http://seenthis.net/messages/94945

Autre extrait d’INCNDO, sa "Note 1 : La « déconstruction » est une idée (et une pratique) que l’on rencontre actuellement dans une partie du mouvement féministe …De là, le personnel prend une importance surdimensionnée par rapport au structurel, parfois jusqu’à devenir le seul terrain d’action. « A cause de l’importance démesurée accordée à l’expérience subjective, la politique de la subjectivité devint une intériorité, c’est-à-dire un changement personnel sans changement de la société ».

Tel le crapaud de la fable, INCENDO laisse entendre que LUI, il lutte pour de vrai et efficacement. Mais, pour avoir pas mal avoir été parmi des militants divers, je constate à l’inverse d’INCNDO et depuis belle lurette que :
- les militants les plus actifs et persévérants sont les moins "mononeuroniques" (pas juste 100% antikapital, ou pur nanard....)
- les plus vivables dans le quotidien et dans les luttes idem ;
- les moins déprimés / déprimants. Certes, ce n’est que mon expérience, mais elle est souvent partagée par ... les filles ayant quitté ces chapelles, par les pédés – goudoux – transEs et autres, lasséEs voire casséEs par le vocabulaire - humour assez beauf de pas mal de groupes, dont INCENDO est un exemple typique.

Enfin, quelques questions reliant « argent & sexe » qu’INCENDO a pris soin de ne pas aborder : Quid des aspects très virils du capital / communisme classique...rien dans INCENDO.... Quid du sexisme / violence militant....ou les filles sont exploitées (au sens marxiste) pour pas un kopek... rien dans INCENDO… Quid des prostituées (qui reçoivent des sous pour des services sexuels) … rien dans INCENDO… Quid des homosexuels (dont on n’entend quasi pas parler, sauf s’illes sont devenus riches / éluEs peut être pour échapper à méchanceté des hétérosexuels).... rien dans INCENDO… Quid des handicapéEs (dont certainEs aimeraient peut être bien acheter des services sexuels ?)... rien dans INCENDO… Quid des rapports entre contraception et argent... rien dans INCENDO… Rien notamment sur la contraception "masculine", ou sur le retard en France sur le nombre de vasectomies, alors qu’elles se comptent en millions aux USA et Chine pays très marqués par l’économie de marché..., rien dans INCENDO… Rien non plus dans INCENDO sur les personnes raciséEs, et par exemple les luttes des femmes de ménage, leur viol par des édyles, etc.

INCENDO préfère recopier maladroitement des pages et des pages de technique économétrique (qui ne changeront rien à rien, notamment au sexisme militant).

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  • Quelle critique ! 23 novembre 2012 13:16, par Communisateur

    Au lieu de caricaturer le contenu d’Incendo, tu ferais mieux une vraie critique de fond si tu veux convaincre qqn. Leur reprocher de ne pas avoir parlé de ceci ou de cela pour prouver qu’ils ne sont pas de vrais bons gentils féministes, c’est quand même un peu ridicule ! Ton texte confirme justement beaucoup de ce qui est dit sur l’anarchisme et le féminisme dans la revue...

  • Aucune critique construite de la brochure d’Incendo, beaucoup de ressentiments par contre... plein de stupidités, de contresens. Soit tu es unE sacréE menteureuse, soit tu es particulièrement stupide ? Un peu des deux surement.

  • Haine contre les anarchistes ? 24 novembre 2012 09:37, par Pas un sur cent

    Ecrire que Proudhon était "misogyne" et que dans les Milieux libres ou en Espagne 36, les pratiques (machistes) des militants ne correspondaient pas forcément aux théories c’est calomnier le mouvement anar ? Faire preuve de "haine" contre les anars ? Alors Joseph Dejacque était un anti-anarchiste primaire ! Les Mujeres libres aussi !

    Publier ce genre de "critique" c’est montrer qu’on connait très mal l’histoire du mouvement anarchiste, et son actualité. Les remarques d’Incendo "contre" les anars ne sont pas neuves et ont été intégrées par le mouvement. Et cela "casse [aussi] du sucre sur le dos" des marxistes. Et, pour des marxistes, Incendo a pourtant l’air d’apprécier les positions de la CGA et des anarchaféministes (et aussi de Barricata je crois ?!) (j’ai pas le texte sous la main, je peux pas donner les pages, désolé).

    Si l’auteur de cet article ne veut pas que l’on lise Incendo, lui à coup sûr ne l’a lu que très rapidement !

  • déconstruction piège à cons 24 novembre 2012 21:29, par Dom

    Oui, des critiques sont à faire à Incendo, et ça tombe bien, parce que c’est présenté comme "une invitation au débat"... et non comme le livre de messe d’une chapelle ! mais il faudrait critiquer, justement... au lieu de prêcher contre le Diable en personne.

    Leur critique du pro-féminisme est plutôt judicieuse (et rigolote), et pour la déconstruction, je les rejoins. On peut essayer de ne pas se conduire comme un salaud (ou comme un mec de base) sans en faire une idéologie révolutionnaire. Le pb, c’est que cette idéologie prétend que si on faisait tous pareil, ça suffirait à changer le monde. mais surtout, elle considère les genres comme des identités fixes dont il serait si simple de se défaire... et non comme un rapport social (dynamique, au delà de prétendus individus).

    Au moins, malgré tous ses défauts, Incendo a le mérite de reposer le débat en ces termes, et ça fait du bien.

  • On pourrait se demander « Pourquoi tant de haine ? », dans un texte qui veut dénoncer la « haine » des autres ? Approximations, erreurs, vagues impressions posées en argument d’autorité, citations sans lien avec les critiques, etc. y dominent.

    Ce texte , matraqué sur tous les indymedia depuis des semaines, n’a assurément pas pour destination d’apporter des informations, de porter une critique, de proposer un débat ou une discussion. Alors ? Pourquoi tant d’énergie dépensée ? Les commentaires sur Indy Grenoble montrent que (comme on peut le ressentir à sa lecture) ce texte est plus probablement une histoire de règlement de compte sur fond d’embrouilles locales.

    Un pro-féministe rigoureux dénoncerait dans ce texte un style et des méthodes typiques du genre masculin (regardez "c’est moi qui ai la plus grosse logorrhée !").

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