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Le racisme : une honte pour l’humanité, un poison mortel pour les ouvriers

dimanche 4 novembre 2012
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Le samedi 20 octobre, quelques dizaines de néo-fascistes de la mouvance des « Identitaires » ont occupé le chantier d’une mosquée à Poitiers, déployant une banderole où on pouvait lire « 732 », date de la victoire du chef de guerre et duc d’Austrasie Charles Martel sur les Sarazins. Il s’agit clairement d’une provocation raciste de la part de ce groupuscule d’extrême-droite à l’encontre de toute la communauté arabe vivant en France. Ce n’est malheureusement pas la première exaction de ce groupuscule raciste et néo-fasciste : à Toulouse, dans la nuit du samedi 31 mars 2012, un jeune étudiant chilien a été violemment agressé par ces brutes néo-nazies, agression entraînant une double fracture du crâne et un important hématome au niveau du cerveau ; à Lyon, dans la nuit du 8 au 9 juin 2012, c’est un restaurant de la vieille ville qui est attaqué parce que le restaurateur et les salariés sont maghrébins. Le restaurateur et deux de ses collègues sont violemment agressés par une vingtaine de ces nostalgiques des chemises brunes. L’un a une jambe cassée et douze points de suture. Ils subiront respectivement 15, 10 et 5 jours d’interruption temporaire de travail.

Si, comme toute une partie de l’extrême-droite, la mouvance des “Identitaires” cherche depuis un certain temps à se donner une image de “respectabilité” et à faire oublier que son origine est le groupuscule néo-nazi “Unité Radicale”. Ces exactions, comme à Poitiers, Lyon, Toulouse ou ailleurs, montrent bien la nature profonde des Identitaires : une bande de néo-nazis racistes et violents.

Au-delà de ces néo-nazis, cela fait plusieurs mois qu’on ne compte plus les dégradations et graffitis insultants à l’encontre de mosquées, de synagogues ou de cimetières musulmans ou juifs, les agressions racistes à l’encontre d’Arabes, de Rroms, de Juifs, de Noirs ou d’autres personnes désignées comme « étrangères », de manifestations xénophobes comme à Hellemmes, banlieue de Lille, ou même de véritables pogroms comme le 27 septembre à Marseille, ou de violences de néo-fascistes contre des militants ou des locaux de gauche ou d’extrême-gauche. Début août, à Aigues-Mortes dans le Gard, on a même assisté à une tentative de meurtre à l’encontre de jeune gens, d’une mère et de sa fillette, pour la seule raison que ces personnes étaient Arabes.

Ce climat puant de racisme, cette montée de courants, d’idées et de partis d’extrême-droite tout droit sortis des poubelles de l‘histoire, sont alimentés par les discours venant des plus hauts sommets de l’Etat et par l’ensemble de la classe politique dite républicaine. Pendant cinq ans, sous le règne de Sarkozy, nous avons subi les discours les plus réactionnaires sur « l’identité nationale », les ministres comme Guéant ou Hortefeux rivalisaient de racisme avec Le Pen et lors des présidentielles, c’est le président sortant, Sarkozy, qui cherchait à faire de la viande hallal « la principale préoccupation des Français », alors que tant d’habitants, français ou immigrés, n’arrivent plus à joindre les deux bouts et crèvent de la hausse des prix, des bas salaires, du chômage et des licenciements. Récemment, c’est Copé, candidat au poste de grand leader de l’UMP, qui, ne craignant pas le ridicule, transforme une anecdote de cours de récré, le vol d’un pain au chocolat, en problème politique majeur. Quant à l’actuel gouvernement, si les discours sont moins ouvertement xénophobes que sous Sarkozy, c’est la même politique à l’encontre des sans-papiers, le même racisme d’Etat à l’encontre des Rroms, et même la vieille promesse de 1981 resurgie lors des élections sur le droit de vote des étrangers aux élections locales est renvoyée aux calendes grecques.

Véritable honte pour l’humanité, le racisme surgit avec toute sa violence et son abjection à chaque période de crise. Face à l’augmentation du chômage, racisme et nationalisme désignent comme responsables, non pas les patrons qui licencient ou les gouvernements qui suppriment des emplois, mais les ouvriers désignés comme « étrangers ». Face à l’accroissement de la misère, les discours xénophobes expliquent, plutôt que de montrer les fortunes colossales de quelques grands bourgeois, qu’on ne peut pas « accueillir toute la misère du monde »… Bref, dans tous les cas, racisme et nationalisme visent à diviser la classe ouvrière alors que nous devons plus que jamais être unis pour résister au chômage, aux politiques d’austérité et aux licenciements.

Le racisme est ainsi un poison mortel pour la classe ouvrière. A PSA par exemple, sur les chaînes et dans les ateliers, les ouvriers viennent des quatre coins du monde, des campagnes d’Alsace ou de Bretagne, comme des monts de l’Atlas ou d’Anatolie, du Portugal ou du sud-Sahel. Et c’est tous ensemble qu’il faut lutter contre les licenciements. Les divisions racistes font le jeu de Varin et de la famille Peugeot chez PSA. C’est la même chose dans toutes les entreprises et la même chose au niveau de l’ensemble de la classe ouvrière. Les racistes nous divisent alors que nous devons être unis.

Lorsque les tribuns ou néo-SA de l’extrême-droite donnent dans le discours populiste, comme lorsque les néo-fascistes « identitaires » se désignent comme « un syndicat de petits blancs », toute leur idéologie est tournée contre les travailleurs qu’ils cherchent à diviser. Et, au-delà du poison raciste, ces mêmes brutes brunes, même recolorées en bleue marine, sont déjà aux premiers rangs lorsqu’il s’agit de s’en prendre à des militants communistes ou anarchistes, et ils le seront encore plus demain si le patronat à besoin de gros bras pour briser nos grèves et nos luttes.

3 novembre 2012

http://www.communisme-ouvrier.info/

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