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Paris : Expulsion mouvementée du nouveau squat de la rue des Bois

mardi 23 octobre 2012
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Dimanche, un nouveau squat a été ouvert par des mal-logé-e-s, au 38 rue des Bois, dans le 19e arrondissement. Dans l’après-midi et la soirée, de nombreuses personnes étaient venues faire acte de présence dans la rue, en solidarité avec la vingtaine/trentaine d’habitant-e-s (des mal-logé-e-s de divers horizons).

La préfecture a mis le paquet pour expulser ce nouveau squat dès le lendemain, envoyant sa flicaille, dont de nombreux flics anti-émeute et la très précieuse collaboration des pompiers !

Je signale avant toute chose que mon récit est à la fois partiel et subjectif puisque ne faisant pas partie du collectif d’habitant-e-s ni rien, je suis venu en solidarité avec un peu de retard, donc je n’ai pas tout suivi, j’ai donc notamment manqué le début de l’expulsion.

En tout cas, quand je suis arrivé, il y avait déjà pas mal de monde en soutien dans la rue, le croisement des rue des Bois et rue de l’Orme était toutefois bien occupé par les flics et les pompiers, deux cordons d’anti-émeutes "protégeant" l’opération d’expulsion.

Les flics ont semble-t-il mis des heures à franchir les portes du rez-de-chaussée, les pompiers ont d’ailleurs été plus efficaces, en entrant par une fenêtre du deuxième étage, à l’aide d’une grande échelle.

Mais ce qui a le plus retardé l’expulsion, c’est qu’un squatteur s’était réfugié sur le toit (l’immeuble faisait trois étages donc la potentielle chute carrément mortelle). Pendant longtemps (des heures), j’ai cru que les flics et leurs collabos de pompiers allaient lâcher l’affaire pour ce soir-là, mais ils ont été aidés par le fait que le reste du squat était déjà vide et que personne n’a pu empêcher la pose de l’échelle. Des pompiers sont entrés par là, ont vraisemblablement ouvert aux flics au rez-de-chaussée (l’entrée était salement "protégée" par les flics donc on ne voyait pas bien). Toujours est-il que le copain sur le toit n’a pas pu empêcher les pompiers-flics de l’attraper sur le toit et de le faire descendre. Il est a priori le seul à avoir été interpellé, en tout cas à ce moment-là.

Parce que tout cela ne s’est pas passé sans encombres pour les flics ! Les dizaines de personnes rassemblées en solidarité se sont largement fait entendre, gueulant des slogans à longueur de temps : de nombreux slogans hostiles à la police et aux pompiers (notamment "Police/Pompiers, dégage", "Flics, porcs, assassins"), "Pouvoir assassin" et bien sûr des slogans relatifs aux questions de logement (entre autres, "Non aux expulsions", "Les loyers sont trop chers, occupation ! Les maisons sont vides, occupation !"). Un certain rapport de force physique s’est mis en place, tout le monde refusant de reculer quand les flics l’ordonnaient, les insultes ont fusé à plusieurs reprises en direction des flics et des pompiers. Et parmi les dizaines de personnes réunies pour faire face aux flics et aux pompiers, il n’y avait pas que des "militant-e-s autonomes", mais aussi des mal-logé-e-s de diverses origines, directement concernées elles aussi par les expulsions de squats. Et il y avait aussi pas mal de gens du quartier, notamment des jeunes, tout aussi hostiles à la police.

D’ailleurs, quand à plusieurs reprises ça a chauffé, quand les flics ont gazé dans le tas, frappé et tenté ici et là d’arrêter des gens (en vain, personne ne s’est fait arrêter, même un mec qui s’est fait attraper à un moment a finalement réussi à s’enfuir), lors des échauffourées et après, des projectiles ont volé vers les flics et les pompiers, et la plupart des projectiles en verre venaient des fenêtres des habitant-e-s du quartier ! Le premier jet de projectile en verre est même tombé au milieu d’un groupe de pompiers, les faisant fuir pendant un bon moment !
Sans rien fantasmer, je signale quand même que cette solidarité était grandement spontanée vu que le squat n’était public que depuis 24 heures, et ça faisait plaisir de sentir cette dynamique collective mêlant différentes "catégories" de gens contre l’autorité des flics.

On est donc resté des heures en bas du squat, avant que le copain sur le toit ne se fasse descendre, achevant ainsi l’opération d’expulsion. Là, malgré un sentiment de déception, on a réussi à retrouver un élan collectif pour partir en manif sauvage à plusieurs dizaines de personnes, en direction de la place des Fêtes. Et la colère s’est vite fait sentir !

Les slogans hurlés dans les rues (y compris par les jeunes du quartier qui faisaient partie du cortège eux aussi) faisaient bonne impression, on n’avait pas de banderole ni rien mais quelques tracts étaient diffés et surtout, les slogans favorables aux occupations, contre les expulsions, se faisaient entendre tout du long de la manif.

Toutes les poubelles et autres éléments de mobilier urbain disponibles étaient mis en travers de la route dans un joyeux chaos. "A chaque expulsion, on foutra le boxon".

Arrivé-e-s sur la place des Fêtes, on pensait que les flics ne tarderaient pas à nous mettre la pression, et malheureusement on s’est arrêté là pendant un long moment, à discuter, se demander quoi faire, etc.

Il a fallu de longues, très longues minutes, avant qu’un groupe plus restreint, peut-être d’une trentaine de personnes au départ, ne se décide à repartir en manif sauvage en direction du commissariat du 19e arrondissement, où se trouvait peut-être le copain arrêté sur le toit (on n’avait pas d’info précise là-dessus).

La petite manif a donc emprunté la rue de Crimée assez longtemps, renversant un paquet de trucs sur son passage (toute sorte de mobilier urbain, beaucoup de poubelles, des barrières de chantier, un siège de bureau, des planches de bois, etc.) au son des slogans de la soirée, plus quelques nouveaux, dont le très bon "Grève, grève des loyers ! Et crève, crève les flics et les huissiers !". Des pompiers ont été croisés de retour de leur sale boulot et on peut dire qu’ils ont bien mérité les injures qui leur ont été adressées à nouveau.

Arrivé-e-s sur la place Francis Poulenc, au pied du commissariat situé rue Erik Satie, les slogans hostiles aux flics ont repris de plus belle, un maximum de bruit a été fait, notamment en tapant contre des tôles de métal, en solidarité avec le copain arrêté sur le toit et possiblement enfermé dans ce même commissariat. Mais des flics anti-émeute nous attendaient au pied de leur poulailler, et on apercevait des gyrophares depuis différentes rues, ça commençait à sentir le roussi...

La mini manif a donc repris en vitesse, par l’allée Darius Milhaud puis par la rue d’Hautpoul, où tout a été renversé également (enfin, "tout", pas les voitures, mais le reste, mobilier urbain, poubelles, etc.) pour retarder l’arrivée des flics et de leurs véhicules à gyrophare qui arrivaient derrière nous dans la rue d’Hautpoul. Et comme d’autres véhicules de flics nous attendaient rue Jean Jaurès, c’est là que nous nous sommes dispersé-e-s, a priori sans aucune arrestation.

A suivre, en tout cas.
Et que chaque expulsion soit suivie par une explosion de rage, ça ne peut être que bénéfique !

Une assemblée est déjà prévue ce mardi à 19h au 260 rue des Pyrénées pour discuter des suites à donner à la lutte.

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  • une autre assemblée est prévue jeudi à 19h au 260 rue des pyrénées

  • - Des pompiers ont été croisés de retour de leur sale boulot.....
    - Le premier jet de projectile en verre est même tombé au milieu d’un groupe de pompiers....

    Et ben ben bravo....faut pas tout mélanger.Et qui va porter tout les jours secours au plus démunis,quand vous dormez ??? Moi les pompiers mon portés secours et je trouve honteux vos propos.

    - renversant un paquet de trucs sur son passage (toute sorte de mobilier urbain, beaucoup de poubelles, des barrières de chantier, un siège de bureau, des planches de bois, etc.) Un mouvement de voyous...et non de revendications.Y a t il pas d autres moyens de faire entendre ses opinions.....

  • Au commentaire de 19h / 25 octobre :

    - Sans les pompiers, l’expulsion n’aurait pas pu avoir lieu. Cette fois-là, ils étaient clairement dans le camp de l’ennemi. Et ce n’est pas la première fois que ça arrive ! Et malheureusement, ça n’est sûrement pas la dernière non plus.

    - Quant aux méthodes émeutières, je te retourne la question : y a-t-il d’autres moyens de se faire entendre ? Je n’en ai pas l’impression. Je crois que c’est Coluche qui a dit "La dictature c’est ferme ta gueule, la démocratie c’est cause toujours". Le pouvoir est à détruire, quelle que soit sa forme.

  • Ce matin à 8H15, des camions de déménagement étaient en train de vider les meubles du 260 rue des Pyrénnées sous la surveillance d’une dizaine de cars de CRS jusque sur la place Gambetta. Je n’ai pas pu obtenir de renseignements pour savoir quand l’expulsion avait eu lieu ni surtout où étaient les occupants ... j’ai tenté en vain de joindre la mairie du 20ème ... etc. quelqu’un a-t’il plus d’informations ... à relayer ...

    Une habitante du 20ème

  • M.Tare, c’est bien beau tout ce que vous dites, mais vous n’avez pas l’impression de faire du « Dire qu’il y en a qui n’ont rien à manger dans le monde » en clamant haut et fort que « flics et pompiers : enfoirés » (qui ont bien mérité leurs insultes au passage, n’est-ce pas ─ des baltringues au métier ingrat), et qu’il faut « foutre le bordel dans les rues » quand des gens occupent des endroits clandestinement ? Je ne prends pas parti, je fonde moi-même un squat dans ma ville, bien qu’il ne soit pas prévu qu’on y réside continuellement. Simplement, je ne comprends pas. Quelle idéologie voulez-vous mettre en avant ? Tout le monde a droit au logement, à l’argent, au bonheur ! Soit. Et ? Si je puis me permettre, votre keffieh vous rend encore plus ridicule.

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