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Athènes : Texte des 15 personnes arrêtées lors de la manifestation antifasciste

dimanche 21 octobre 2012
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Athènes : Texte des 15 personnes arrêtées le 30 Septembre dernier lors de la manifestation antifasciste à moto

“Aujourd’hui l’état a déclaré la guerre civile, ceux que les couteaux des fascistes ne tuent pas, sont envoyés en prison par les décisions de justice de la junte. Nous appelons ceux qui luttent et qui ressentent que DIGNITÉ, SOLIDARITÉ, ÉGALITÉ ET LIBERTÉ ne sont pas des mots vides de sens mais une façon de vivre, à prendre conscience du moment historique que nous vivons et à agir en conséquence.

LES IDÉES ne peuvent être réprimées, ni emprisonnées.

Les 15 arrêtés antifascistes.”

Ces derniers temps les indices se multiplient de plus en plus pour prouver que les faux-semblants de démocratie que l’Etat utilise commencent à devenir tant troubles que flous. Le choix de l’attaque répressive sur tous les fronts non seulement contre ceux qui choisissent le chemin de l’affrontement direct mais aussi contre ceux qui demandent simplement l’évident, montre que nous ne pouvons en rien parler comme nous le faisions il y a 5, 10 ou plus d’années encore. La crise économique continuelle qui pousse de plus en plus de personnes dans la misère et la pauvreté alors que le cannibalisme social se renforce, la violence au sein d’une même classe et la montée du fascisme montrent une effervescence sociale dont personne n’est en mesure de dire avec certitude où elle mènera et dans quelle condition.

Face à une possible explosion sociale TOTALE, l’État durcit les conditions de répression, de contrôle et d’intimidation alors qu’en parallèle il renforce son arsenal juridique en vue de garder de plus en plus de personnes comme des “otages judiciaires”. Les conditions sont connues et se répètent. Interdiction de manifestations ou de rassemblements, répression des mobilisations de grève, violence brutale à l’encontre des manifestants et des grévistes, publication de photographies et de données personnelles (des manifestants arrêtés), expulsion d’occupations et de lieux sociaux, attaque des forces de police dans les écoles et les universités, arrestations, interpellations etc., la liste est aussi longue que leur perversité.

En même temps, des gangs fascistes sont soutenus afin qu’ils “nettoient” les arrières, qu’ils “balaient” là où la main de l’Etat n’atteint pas. Et avec les pogroms contre migrants, gauchistes ou anarchistes, les incendies de maisons, de magasins ou de lieux de rencontre, les coups de couteau et les tabassages, l’extrême droite se présente comme antisystème, comme une nouvelle proposition alternative. Ce qui doit sans cesse être souligné, c’est que le fascisme n’a JAMAIS proposé quelque chose de nouveau dans les sociétés humaines ; il est TOUJOURS arrivé comme une béquille de l’Etat et dans des périodes de crise (économique, systémique ou politique) il s’est toujours chargé de soutenir les choix dominants, de “donner du temps” à l’État pour se replier et dépasser ses turbulences.

C’est dans ces conditions que nous avons décidé en tant que personnes en lutte, anarchistes, antifascistes, de participer à la manifestation antifasciste à moto le 30/9, qui commencerait de la place Exarchia et passerait par les quartiers où ces derniers temps, ont eu lieu de plus en plus d’attaques violentes racistes-fascistes contre les migrants. Afin de soutenir, de briser la peur quotidienne, de donner du courage et de la force mais en même temps de proposer un projet d’auto-organisation et de résistance à ces personnes qui vivent chaque jour le racisme dans leur peau. De même nous souhaitions montrer que la société grecque dans son entier ne se “fascise” pas, qu’il existe des personne qui croient et luttent pour L’EGALITÉ, LA LIBERTÉ, LA DIGNITÉ, LA SOLIDARITÉ.

La manifestation à moto subit une attaque féroce des forces de répression à moto et après les tabassages, 15 personnes sont arrêtées, torturées et provisoirement détenues pour des accusations lourdes. Rappeler les événements lors de notre arrestation et séjour à GADA (le quartier général de la police d’Athènes) pendant 5 jours, n’est pas le but du présent texte et nous ne voulons renforcer aucune logique de victimisation. Pour ceux qui ne le savent pas encore : le pouvoir attaque en utilisant toutes sortes de moyens ; il nous déclare la guerre et dans cette guerre il y aura des pertes et des épreuves.

Ce qui a cependant une importance particulière, c’est le climat de guerre civile qui est de plus en plus cultivé tant de la part des institutions que de celle des corps de police, et dans ce cas particulier, des gangs de flics en uniforme (et pas seulement). La référence constante à Grammo et à Vitsi*, à la guerre civile et à nos grands-pères montre clairement où cette histoire nous emmène. Ils essaient de terroriser des personnes qui luttent, de les jeter dans l’illégalité ou la peur (ils nous ont menacés de nous rendre visite chez nous) parallèlement aux menaces de mort directes et autre conneries…

Dans ce même climat de guerre civile, le parquet intensifie, de son côté, l’effort d’intimidation avec des menaces de détentions provisoires, abolissant donc en substance leur propre code de procédure pénale que le parquet est censé suivre et défendre.

MAIS CEPENDANT…

Conscients de l’importance du moment historique, de notre dette envers nous-mêmes mais aussi envers l’histoire, nous ne pouvons que crier PAS UN PAS EN ARRIÈRE !!!

Rassemblons-nous et ramassons ce gant de défi au combat qu’ils nous jettent et balançons le leur à la gueule. Renforçons chaque foyer de résistance et de lutte, tout ce qui combat la barbarie qu’ils nous imposent. Organisons la férocité de la dignité humaine…pour nous, pour tous.

“…Lors de la marche, nombreux moururent ou restèrent otages dans les mains de l’ennemi et de nombreux autres furent mis à l’écart de la bataille ou furent blessés et ils ne feront plus apparition dans de telles rencontres. Il est même arrivé que le courage quitte certains et qu’ils se retirent mais jamais, j’ose le dire, notre formation n’a dévié de son chemin, jusqu’à tomber dans le cœur même de la catastrophe…”

SALUTATIONS DE LUTTE AUX ARRETÉS ANTIFASCISTES DE PATRAS AUX 4 PERSONNES SOLIDAIRES ARRETÉES À EVELPIDON (tribunal d’Athènes) À TOUS NOS COMPAGNONS SOLIDAIRES EN GRÈCE ET À L’ÉTRANGER

RIEN N’EST FINI TOUT CONTINUE

Les 15 anarchistes, antifascistes, combattant-e-s (quelques-uns d’entre eux, fiers petits enfants d’anarchocommunistosymorrites)

* Deux montagnes dans le nord de la Grèce où l’Armée Démocratique de Grèce (Dimokratikos Stratos Ellados, DSE) a souffert d’importantes pertes dans les batailles en 1949 ; le reste des forces de l’Armée Démocratique a du par la suite s’enfuir en Albanie alors que la Guerre Civile grecque était finie en termes militaires.

traduit du grec par contra info : http://fr.contrainfo.espiv.net/

source : https://athens.indymedia.org/front.php3?lang=el&article_id=1430954

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